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Jean Boanerger FOUDA MANGA : UQAM - Université du Québec à Montréal
La mort d'un proche en contexte d'immigration pose des difficultés particulières pour la famille et pour l'entourage, qui évoluent dans un milieu socio-culturel fort différent de celui qu'ils ont connu dans leur pays d'origine. Ils ne peuvent pas toujours organiser les rites funéraires et les obsèques, ou y participer, en respectant les pratiques traditionnelles. Cette situation a souvent des conséquences sur leur santé psychologique et leur bien-être. Les rituels prévus dans une tradition peuvent jouer un rôle réparateur et faciliter le travail de deuil. Au Québec, l'encadrement du mourir dans les établissements de santé fait en sorte que ce sont surtout des médecins et des aides-soignants que l'on trouve au chevet du mourant. La famille et les membres de l'entourage sont relégués au second plan. La mort devient de plus en plus l'affaire de spécialistes. Ces acteurs ont souvent des intérêts, des visions et des pratiques qui se prêtent difficilement à une conciliation avec l'univers de sens des populations ethnoculturelles installées au Québec. D'où la récurrence des processus de deuil mal vécus dans les famille et les communautés. Ce sont ces enjeux que nous mettrons en évidence en nous référant à l'expérience de la mort et du deuil chez les immigrants originaires d'Afrique subsaharienne installés au Québec. Nous tenterons d'identifier des leviers d'intervention ainsi que des alternatives qui pourraient être explorées pour mieux tenir compte de leurs besoins.
Les enjeux entourant le deuil et la mort se sont complexifiés dans le contexte québécois contemporain avec les polémiques éthiques entourant la fin de la vie, la contribution indispensable mais trop souvent méconnue des proches aidants et la diversification des populations immigrantes souvent confrontées à des deuils non seulement locaux mais transnationaux. Dans ces nouvelles configurations, les proches aidants sont confrontés à des décisions complexes entourant la fin de la vie qui peuvent affecter leur bien-être psychologique et la qualité des relations familiales. Lorsque les proches aidants sont appelés à joindre leurs efforts à ceux des intervenants professionnels, comment faire en sorte que la dynamique qui s’installe au chevet du mourant ait pour effet non pas de disqualifier leurs pratiques d’accompagnement, mais d’enrichir les stratégies d’intervention qui sont accessibles dans le réseau de la santé? Des tensions peuvent survenir, avec des répercussions sur la santé mentale et les relations familiales et parentales. C’est notamment le cas en contexte d’immigration, alors que les proches aidants ont non seulement à gérer le rapport aux malades et aux mourants dans le contexte local, mais aussi à assurer un soutien à des individus et des réseaux familiaux situés dans d’autres pays, une situation transnationale souvent problématique à cause des conditions économiques et politiques, ce qui demande de grandes capacités de résilience. Ce colloque a pour objectif d’explorer ces dimensions à partir de réflexions théoriques et de la présentation de résultats empiriques dans ce domaine en analysant non seulement la situation des proches aidants, mais l’articulation entre leurs stratégies décisionnelles et leurs pratiques et celles des intervenants professionnels.