Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Alexandra Malenfant-Veilleux
La Modernité, en opposition avec l'autorité du passé et la tradition, se caractérise par l'élaboration d'une conscience, d'une pensée trouvant en elle-même son fondement. C'est l'instauration de cette subjectivité – et surtout sa critique – qui fait l'objet de cette présentation. De Descartes à Berkeley, en passant par Spinoza et Locke, nous retracerons l'évolution de la problématique de l'individuation. Nous tenterons de démontrer que, d'une part, le principe d'individuation des êtres humains « s'effrite » d'un belligérant à l'autre et que, d'autre part, l'empirisme est non seulement lié à l'évacuation, chez Locke et Berkeley, du problème de l'intégralité des corps non humains, mais que l'avènement de l'empirisme est probablement l'une des causes de l'escamotage dudit problème du discours philosophique de l'époque. Nous nous attacherons ensuite à expliquer comment David Hume en arrive au scepticisme et à sa propre conception de l'identité personnelle. Pour ce faire, nous ferons une incursion dans le Livre I et l'Appendice du Traité de la nature humaine. Pour finir, nous tâcherons de présenter ce qui nous semble être la meilleure interprétation de la conception humienne de l'identité personnelle, cela par le biais du propos de certains commentateurs, notamment David Pears, Donald L. M. Baxter et Anik Waldow.
L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.
Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.
Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.
Thème du colloque :