pen icon Colloque
quote

La reconstitution de l'aventure intérieure : Stéphane Heuet dessinateur de Proust

FB

Membre a labase

François-Emmanuël Boucher : Collège Canada

Résumé de la communication

Publiée en cinq volumes de 1998 à 2008, la bande dessinée À la recherche du temps perdu de Stéphane Heuet vise à adapter une partie de l'œuvre de Marcel Proust à la fois, dit le bédéiste, pour faire voir le Paris de la fin du XIXe siècle et rendre l'œuvre plus accessible à un public qui, jusqu'alors, aurait été rebuté par le gigantisme de l'œuvre sans parler de sa complexité narrative dite exceptionnelle. Critiquée par les puristes mais encensée par plusieurs professeurs désormais capables de présenter ce texte à des étudiants qui seraient autrement incapables d'accéder à ce chef-œuvre, cette entreprise d'adaptation pour ne pas dire de vulgarisation pose un nombre de problèmes au regard de la transposition d'une œuvre dans une autre forme artistique que rien, au départ, n'invitait à ce type de métamorphose. Le recadrage de la prose de Marcel Proust dans un univers qui s'apparente à celui de Tintin – une bande dessinée classique qui ne se démarque pas nécessairement par ses innovations formelles – implique un travail de synthèse qui opère sur le sens général de l'œuvre divers fléchissements et reconstitutions, mais aussi plusieurs manquements qui finissent par donner à ce nouveau médium dans lequel Proust se trouve transposé, une signification différente, peut-être plus accessible mais aussi plus acceptable et, surtout, beaucoup moins scandaleuse. C'est l'analyse de cette double modification apportée à l'œuvre par le travail de Stéphane Heuet qui sera au centre de ma communication.

Résumé du colloque

Ce colloque a pour visée de réfléchir aux résonances croisées entre littérature et phénomènes médiatiques, tout particulièrement dans le contexte contemporain. En effet, si la littérature a, de tout temps, incorporé des éléments qui lui étaient extérieurs ou étrangers (discours sociaux, description d’images, évocation de sons ou de musiques), la tendance paraît s’exacerber en une société postmoderne où priment les moyens de communication électroniques (vidéo, courriel, médias sociaux). De même, si les nouvelles formes médiatiques qui se mettent en place (hypertexte, Web 2.0 et 3.0) ouvrent à des potentialités d’expression inédites, elles n’en reposent pas moins souvent – ne serait-ce qu’en partie – sur un contenu textuel dont elles s’approprient, parfois inconsciemment, les propriétés formelles (rhétorique, narrativité). Bien que de tels mécanismes de partage et de transfert aient déjà fait l’objet d’études individuelles, on n’a, à notre connaissance, guère tenté de penser leur interaction dynamique ou leur réciprocité. Le défi – et l’originalité – de la présente rencontre sera donc de combiner ces deux approches pour essayer de saisir les « résonances médiatiques » à la fois dans la perspective de la création littéraire et dans celle de l’invention de nouveaux médias. Le cadre théorique privilégié sera celui offert par la sociocritique (interdiscursivité, imaginaire social), la sémiotique (figuration, iconicité, imaginaire) et l’intermédialité (immersion, virtualité), sans pour autant exclure l’apport d’autres démarches ou disciplines. Les participants sollicités viendront des études littéraires, mais aussi des études cinématographiques ou télévisuelles, de l’histoire de l’art, des communications ou des « game studies ».

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
manager icon Responsables :
Sophie Marcotte
section icon Date : 13 mai 2014

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :