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La ville au patrimoine mondial, du produit touristique au milieu désirable : l'iconisation des paysages habités en tant que seuil du changement

LM

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Lucie k. Morisset : Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbaine, ESG-UQAM

Résumé de la communication

Cette communication veut contribuer à comprendre les manières dont le patrimoine change le territoire en considérant, comme un cas d'espèce de ce processus catalytique, l'éventuel « développement local » des sites urbains inscrits au Patrimoine mondial. Plus précisément, j'entends étudier ce que j'appelle « l'effet patrimoine mondial » sur un corpus particulier de ces sites, ceux de pays développés.

En-deçà de l'imaginaire d'antagonisme entre l'habitant bousculé, voire instrumentalisé, et les hordes de touristes qui s'approprient son espace, l'observation des transformations de tels milieux de vie esquissent un écheveau complexe d'influences croisées. En considérant l'inscription comme un moteur d'iconisation externe et interne, je propose de déplacer jusqu'à l'habiter le regard sur l'habitant, pour aborder le changement local induit par l'inscription et sa touristification. Cela me conduira à considérer le tourisme du site urbain au Patrimoine mondial, de pair avec l'inscription en amont, comme une externalité positive d'une croissance urbaine équilibrée en contexte de désindustrialisation.

Le survol du bâti, des dynamiques urbaines et de l'occupation de quelques sites permettra de d'interpréter des conséquences territoriales de l'inscription au Patrimoine mondial dans les pays développés, ainsi que d'interroger ses effets incertains tant sur le patrimoine que sur le tourisme, comme si le lieu, par quelque inertie, tendait au bout d'un certain temps vers son état originel.

Résumé du colloque

Avec près de 1000 sites, la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO s’est imposée comme incontournable, tant pour les opérateurs touristiques que pour les autorités locales qui y voient une ressource pour le développement. Mais depuis quelques années, la place des habitants est devenue centrale dans la gestion de ces sites. En effet, comment est-il possible d’attirer les touristes tout en préservant, ou améliorant, les conditions de vie des habitants? Récemment s’est développée l’idée qu’il serait nécessaire d’intégrer les habitants à la gestion des sites. Si cette approche pose encore de nombreuses interrogations, elle pose aussi la question, rarement évoquée, de l’intégration des touristes et des activités touristiques dans la gestion et la planification. Pourtant, l’influence du tourisme semble évidente quand il s’agit d’analyser l’évolution des infrastructures et des aménagements urbains dans ces quartiers, mais on peut se demander si cette influence n’est pas plus profonde qu’il n’y paraît, et dans quelle mesure les acteurs locaux n’anticipent-ils pas les attentes des touristes, ou ce qu’ils pensent être leurs attentes. Comment dans ce cas connaître ces attentes et doit-on les prendre en compte? Est-il possible de combiner les attentes et besoins du tourisme aux particularismes locaux pour éviter une uniformisation qui va à l’encontre de l’idée même du patrimoine? Par ailleurs, si dans certains sites, on propose déjà aux touristes étrangers de participer à des projets de restauration et de mise en valeur, y aurait-il lieu d’imaginer des solutions permettant une implication plus large et plus accessible à la conservation et au développement local? En d’autres termes, ce colloque propose de poser la question de la gestion participative des sites inscrits au patrimoine mondial, mais en l’abordant sous l’angle de l’influence et de la participation des touristes, et pas seulement celle des habitants.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 13 mai 2014

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