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Taro Oishi : Université Kwansei-Gakuin
En Amérique du Nord, où l'anglais est largement dominant, le Québec, dont la langue officielle est le français, est un lieu distinct. Toutefois, les anglophones ont joué un rôle important dans le développement du Québec. Depuis la fin des années 1970, principalement en raison de la politique linguistique du Parti Québécois, la population d'expression anglaise au Québec a nettement diminué. Comment réussissent-ils à conserver l'anglais comme langue maternelle tout en s'adaptant à la société québécoise?
Cette présentation examine l'adaptation linguistique des anglophones de l'île de Montréal à travers l'analyse des résultats d'une enquête par questionnaire et de certaines entrevues menées par l'auteur. L'enquête a été menée à la Bibliothèque publique de Pointe-Claire en février 2006. Au bout du compte, l'auteur aura reçu 119 réponses. Selon les résultats de l'enquête, l'anglais est la langue utilisée d'emblée à la maison par les répondants. Par contre, 26,1 p. cent des répondants parlent « parfaitement » le français, et 31,1 p. cent le parlent « bien ». Bien qu'ils aient des amis et des collègues francophones, les répondants utilisent principalement l'anglais lorsqu'ils parlent avec eux. Ils préfèrent aussi les médias anglophones. Même si la plupart disent aimer le Québec et accepter ses politiques linguistiques, ils ne veulent pas d'un Québec indépendant, et certains ne se sentent pas entièrement intégrés à la société québécoise.
Le thème du colloque porte sur la diversité des communautés d’expression anglaise du Québec et les défis que cela représente en termes d’inclusion à la société québécoise et de mobilisation des ressources. Ces communautés doivent, en effet, œuvrer dans un contexte politique changeant tout en faisant face elles-aussi à la diversité ethnique, religieuse, linguistique et géographique de leurs membres. Elles sont aussi traversées par des problématiques de différenciations en termes de classe sociale et de genre. Ce colloque entend rassembler des communications portant sur divers aspects de la diversité chez ces communautés. Il sera aussi l’occasion de réfléchir sur les écarts existants entre les caractéristiques sociodémographiques des anglophones du Québec, les représentations sociales des anglophones chez la majorité francophone et les définitions issues des cadres législatifs provincial et fédéral qui les définissent tantôt en termes de minorité, de communauté(s), d’individus de langue maternelle anglaise ou de première langue officielle parlée. Il abordera la façon dont les membres des communautés anglophones sont continuellement amenés à renégocier leur(s) identité(s) et leur inclusion au sein de la société québécoise. Enfin,il tentera d’identifier les enjeux qui se dessinent autour des ressources qu’il faut mobiliser pour continuer à offrir et adapter des services à ces communautés tout en contribuant au développement de la société québécoise et de ses propres défis d’inclusion et de francisation.
Nous souhaitons remercier le comité scientifique qui a participé à l’élaboration du programme, soit Lorraine O’Donnell, Ph. D.; Anne Robineau, Ph. D.; Cheryl Gosselin,Ph. D.; et Paul Zanazanian, Ph. D.