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Le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais dans le contexte d'inscription au Patrimoine mondial de l'UNESCO : un moteur d'évolutions politiques et de gouvernance?

LW

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Laurène Wiesztort : Discontinuités EA 2468

Résumé de la communication

Longtemps considérées comme des freins au développement économiques et à la reconversion, les friches industrielles (terrils, chevalements, usines) marquent, telles des verrues, le territoire du Nord-Pas-de-Calais. Des handicaps certains mais aussi de lourds héritages du passé, symboles d'une forte identité, d'une culture et de valeurs. Ces sites rappellent le dur labeur des travailleurs qui a permis l'essor économique fulgurant de la Région. La particularité ici est l'attachement, la fierté des habitants à ce passé qui influence beaucoup les politiques publiques d'aménagement du territoire. Dans le cadre de l'inscription au Patrimoine Mondial de l'Unesco en juin 2012, cette volonté de conservation ou de mise en valeur du patrimoine culturel minier est devenue plus forte, tout comme celle d'ouvrir la culture régionale, à l'échelle nationale puis internationale.

Nous nous interrogerons sur le choix des sites, monuments, villes présentées dans le dossier de candidature, les facteurs de décision. Sont-ils politiques, économiques, sociaux, culturels ? La place et la prise en compte (ou non) des acteurs locaux et des habitants dans cette démarche d'inscription. Enfin, nous tenterons d'analyser les premières répercutions sur les territoires mais aussi les habitants (puisque le bassin minier est inscrit dans la catégorie «Paysage évolutif vivant », des cités minières habitées sont ainsi inscrites) et enfin la gestion du patrimoine minier (friches industrialo-minières, corons, cavaliers…).

Résumé du colloque

Avec près de 1000 sites, la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO s’est imposée comme incontournable, tant pour les opérateurs touristiques que pour les autorités locales qui y voient une ressource pour le développement. Mais depuis quelques années, la place des habitants est devenue centrale dans la gestion de ces sites. En effet, comment est-il possible d’attirer les touristes tout en préservant, ou améliorant, les conditions de vie des habitants? Récemment s’est développée l’idée qu’il serait nécessaire d’intégrer les habitants à la gestion des sites. Si cette approche pose encore de nombreuses interrogations, elle pose aussi la question, rarement évoquée, de l’intégration des touristes et des activités touristiques dans la gestion et la planification. Pourtant, l’influence du tourisme semble évidente quand il s’agit d’analyser l’évolution des infrastructures et des aménagements urbains dans ces quartiers, mais on peut se demander si cette influence n’est pas plus profonde qu’il n’y paraît, et dans quelle mesure les acteurs locaux n’anticipent-ils pas les attentes des touristes, ou ce qu’ils pensent être leurs attentes. Comment dans ce cas connaître ces attentes et doit-on les prendre en compte? Est-il possible de combiner les attentes et besoins du tourisme aux particularismes locaux pour éviter une uniformisation qui va à l’encontre de l’idée même du patrimoine? Par ailleurs, si dans certains sites, on propose déjà aux touristes étrangers de participer à des projets de restauration et de mise en valeur, y aurait-il lieu d’imaginer des solutions permettant une implication plus large et plus accessible à la conservation et au développement local? En d’autres termes, ce colloque propose de poser la question de la gestion participative des sites inscrits au patrimoine mondial, mais en l’abordant sous l’angle de l’influence et de la participation des touristes, et pas seulement celle des habitants.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 13 mai 2014

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