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Pierre Anctil : Université d'Ottawa
Dans l'historiographie, Le Devoir apparaît souvent comme le paradigme même de l'antisémitisme au Canada français. Ces perceptions, en partie fondées, tiennent aux circonstances dans lequel le journal a été fondé par Henri Bourassa au début du XXe siècle, et aux propos tenus par Georges Pelletier dans ses pages à la fin des années trente. Une étude détaillée de tous les éditoriaux publiés dans Le Devoir sur une période d'un demi-siècle révèle toutefois un portrait plus nuancé et plus complexe de la situation. Au cours de ces années -pendant lesquelles trois directeurs se sont succédés à la tête du quotidien - il existe une grande variation dans le discours sur les Juifs et en particulier sur le judaïsme montréalais. Qui plus est, seulement la moitié des mentions répertoriées présentent une image négative des Juifs. Dans plusieurs cas, les propos sur les Juifs servent en fait de déclencheur pour discourir sur le Canada français, comme si l'exemple d'une autre minorité apportait un enseignement éclairant la position des francophones montréalais. Cette relecture plus à fond des éditoriaux du Devoir ouvre de nouvelles perspectives qu'il convient d'aborder avec discernement et équilibre.
Au cours du 20e siècle, l’antisémitisme a revêtu différentes formes qui sont autant de manières, de la part de la société québécoise, de résister à la montée du pluralisme religieux. Ce thème a beaucoup été débattu et a fait couler beaucoup d’encre dans différents forums au cours des années. De nouvelles recherches et de nouvelles approches ont toutefois mis en lumière une interprétation plus globale et plus nuancée de ce phénomène, que les organisateurs du colloque veulent maintenant présenter au public scientifique. Une attention particulière sera portée à l’étude des médias et au rôle de la presse écrite et électronique.
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