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Le patrimoine n'est pas forcément beau : le lieu historique comme vecteur d'identité collective

YL

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Yves Laberge : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Quelles sont les attentes des touristes étrangers face aux villes de la liste des sites protégés de l'UNESCO? Face à ce que Pierre Nora a nommé les lieux de mémoire, beaucoup de visiteurs sont parfois surpris ou déçus en découvrant un site faisant partie de la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Le patrimoine n'est pas forcément beau; il est représentatif, emblématique, et participe à la construction de la mémoire collective. Ce constat nous amène à articuler deux concepts fondamentaux pour comprendre le patrimoine: le symbolique et la mémoire collective. Cette réflexion part de plusieurs années d'observation participante dans le quartier historique de la Place royale, dans le Vieux-Québec, en habitant ce quartier et en côtoyant à la fois les visiteurs et les concitoyens.

Nous aborderons aussi les mécanismes de socialisation, de la mobilisation citoyenne et la préservation de l'environnement bâti, en relation avec les perceptions des touristes face à ces phénomènes de la vie quotidienne dans le Vieux-Québec.

Sur le plan théorique, nous emprunterons à la sociologie urbaine et aux études citoyennes. Le cadre théorique de cette recherche est transdisciplinaire. L'approche méthodologique sera qualitative et comparative.

Résumé du colloque

Avec près de 1000 sites, la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO s’est imposée comme incontournable, tant pour les opérateurs touristiques que pour les autorités locales qui y voient une ressource pour le développement. Mais depuis quelques années, la place des habitants est devenue centrale dans la gestion de ces sites. En effet, comment est-il possible d’attirer les touristes tout en préservant, ou améliorant, les conditions de vie des habitants? Récemment s’est développée l’idée qu’il serait nécessaire d’intégrer les habitants à la gestion des sites. Si cette approche pose encore de nombreuses interrogations, elle pose aussi la question, rarement évoquée, de l’intégration des touristes et des activités touristiques dans la gestion et la planification. Pourtant, l’influence du tourisme semble évidente quand il s’agit d’analyser l’évolution des infrastructures et des aménagements urbains dans ces quartiers, mais on peut se demander si cette influence n’est pas plus profonde qu’il n’y paraît, et dans quelle mesure les acteurs locaux n’anticipent-ils pas les attentes des touristes, ou ce qu’ils pensent être leurs attentes. Comment dans ce cas connaître ces attentes et doit-on les prendre en compte? Est-il possible de combiner les attentes et besoins du tourisme aux particularismes locaux pour éviter une uniformisation qui va à l’encontre de l’idée même du patrimoine? Par ailleurs, si dans certains sites, on propose déjà aux touristes étrangers de participer à des projets de restauration et de mise en valeur, y aurait-il lieu d’imaginer des solutions permettant une implication plus large et plus accessible à la conservation et au développement local? En d’autres termes, ce colloque propose de poser la question de la gestion participative des sites inscrits au patrimoine mondial, mais en l’abordant sous l’angle de l’influence et de la participation des touristes, et pas seulement celle des habitants.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 13 mai 2014

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