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L'importance nouvelle portée aux paysages constitue un des faits significatifs à avoir émergé depuis la tenue des États généraux du monde rural. Au cours des 25 dernières années, des démarches de caractérisation, de protection et de mise en valeur des paysages ont ainsi pris place dans toutes les régions du Québec. La présente communication propose d'y jeter un premier regard. Après avoir rappelé les principaux dossiers qui, à la fin des années 1980, sont venus élever le paysage au rang d'enjeu de développement, elle s'attarde sur les trois principales voies qu'empruntent les différentes démarches. L'examen de ces démarches révèle d'abord que, en regard de l'expérience étrangère, leur originalité tient au fait qu'elles ont un caractère essentiellement ascendant ce qui, en absence de politique d'appui de l'État, constitue toutefois aussi un facteur de vulnérabilité. Il montre ensuite que, par-delà le simple décor ou le « pas dans ma cour », le paysage agit d'abord comme levier, voire comme prétexte, pour la réflexion sur le devenir des territoires. Enfin, la communication propose des pistes de travail. Elle insiste notamment sur l'importance d'en arriver, à l'instar de ce qui a été fait ailleurs, à mieux apprécier et prendre en compte le rôle du paysage dans les dynamiques démographiques des milieux ruraux de manière à pouvoir appréhender certaines conséquences déjà bien réelles (pression foncière et gentrification de secteurs présentant des paysages recherchés).
Le Québec compte plus de 1000 collectivités rurales couvrant 90 % du territoire habité, dans lesquelles vit environ le quart de la population québécoise. Plusieurs de ces municipalités se portent bien, tandis que d’autres sont considérées comme dévitalisées. Quoi qu’il en soit, les collectivités rurales ont connu depuis les 20 ou 25 dernières années de nombreuses transformations tant sur le plan social, économique que politique. Elles ont également été le théâtre de multiples expériences novatrices visant à les redynamiser. Il y a un peu plus de 20 ans, en 1991, avaient lieu au Québec les États généraux du monde rural qui lançaient un cri d’alarme quant à la dévitalisation de plusieurs villages ruraux. Dans la foulée était créé l’organisme Solidarité rurale du Québec (qui deviendra instance-conseil du gouvernement en 1997). En 2001, le Gouvernement du Québec adoptait sa première Politique nationale de la ruralité, dont il a annoncé la troisième mouture en décembre 2013.
Prenant comme balise ces États généraux du monde rural de 1991,ce colloque portera à la fois sur l’évolution des territoires ruraux et de la recherche qui se fait sur et avec les communautés rurales depuis cette époque. Il mettra en lumière les défis qui se posent aujourd’hui à la ruralité québécoise et explorera les avenues d’intervention et de recherche pour les relever.