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Le paysage viticole de l'île de Pico aux Açores : de l'attraction touristique au symbole identitaire

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Véronique Santos : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Devant une mondialisation à travers laquelle les modes d'appartenance et les formes d'habiter des sociétés contemporaines se complexifient, la mobilité des individus s'accroit et l'attractivité insulaire n'échappe pas à cette mouvance. Dans le cadre d'un mémoire portant sur les dynamiques géoidentitaires des Açores, nous nous intéressons aux modes d'appropriation et d'identification au territoire par les habitants. Les Açores sont une région autonome du Portugal et une région ultrapériphérique de l'Union européenne, qui compose avec des appartenances juridico-politiques multiples et révèle des particularités culturelles, des pratiques et des savoirs qui structurent l'identité d'une collectivité insulaire. Les Açores comptent deux sites inscrits à la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO dont le paysage viticole de l'île de Pico, depuis 2004. En plus d'être une opportunité d'affirmation, le paysage viticole de Pico renvoie à un savoir-faire culturel reliant les potentialités naturelles du milieu, la vigne sur la pierre de basalte, à des pratiques habitantes. Il nous apparaît alors pertinent de se demander comment ce paysage fait l'objet d'un agencement spatial complexe qui oscille entre l'implantation d'une image et la portée culturelle et territorialisante? Quelles vocations surdéterminent la mise en valeur du paysage viticole de l'île de Pico aux Açores et quels sont les impacts de cette valorisation paysagère sur l'appropriation par les habitants et l'affirmation de leur identité?

Résumé du colloque

Avec près de 1000 sites, la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO s’est imposée comme incontournable, tant pour les opérateurs touristiques que pour les autorités locales qui y voient une ressource pour le développement. Mais depuis quelques années, la place des habitants est devenue centrale dans la gestion de ces sites. En effet, comment est-il possible d’attirer les touristes tout en préservant, ou améliorant, les conditions de vie des habitants? Récemment s’est développée l’idée qu’il serait nécessaire d’intégrer les habitants à la gestion des sites. Si cette approche pose encore de nombreuses interrogations, elle pose aussi la question, rarement évoquée, de l’intégration des touristes et des activités touristiques dans la gestion et la planification. Pourtant, l’influence du tourisme semble évidente quand il s’agit d’analyser l’évolution des infrastructures et des aménagements urbains dans ces quartiers, mais on peut se demander si cette influence n’est pas plus profonde qu’il n’y paraît, et dans quelle mesure les acteurs locaux n’anticipent-ils pas les attentes des touristes, ou ce qu’ils pensent être leurs attentes. Comment dans ce cas connaître ces attentes et doit-on les prendre en compte? Est-il possible de combiner les attentes et besoins du tourisme aux particularismes locaux pour éviter une uniformisation qui va à l’encontre de l’idée même du patrimoine? Par ailleurs, si dans certains sites, on propose déjà aux touristes étrangers de participer à des projets de restauration et de mise en valeur, y aurait-il lieu d’imaginer des solutions permettant une implication plus large et plus accessible à la conservation et au développement local? En d’autres termes, ce colloque propose de poser la question de la gestion participative des sites inscrits au patrimoine mondial, mais en l’abordant sous l’angle de l’influence et de la participation des touristes, et pas seulement celle des habitants.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 13 mai 2014

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