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Gilles Tremblay : Université Laval
Le thème de ce colloque rejoint deux aspects qui sont souvent jugés « problématiques » dans le travail auprès des hommes : la relation au corps et au toucher. Le corps-machine, l'outil de production, de l'homme qui se doit d'être efficace, rentable; le corps du « guerrier » prêt au combat, bref, une dissociation qui s'opère sur le plan de la relation au corps à la suite de la socialisation masculine qui n'est pas sans effet sur la santé des hommes. Par ailleurs, « un gars, on caresse pas ça », disait Gaétan Labrèche à son fils, Marc, alors que celui-ci, dans le cadre d'une dramatique de Jeannette Bertrand, lui parlait de la distance qu'il ressentait de la part de son père quand il était tout jeune. Cela représente bien un modèle de socialisation masculine encore très prégnant dans notre société québécoise. Cette mise à distance, dès le jeune âge, dans les rapports du père au fils peut facilement générer des sentiments à la fois de manque et de crainte dans le toucher entre hommes, une ambivalence qui peut aisément se reproduire dans la relation thérapeutique. La présentation abordera ces deux volets en lien avec des exemples cliniques et des données de recherche.
Il n’y a pas d’existence humaine sans corps. Nous naissons, vivons et mourons avec notre corps, et c’est à travers celui-ci que nous faisons la rencontre d’autrui et du monde. Pourtant, dans le domaine de la médecine comme dans le domaine de la formation et des autres formes d’accompagnement à médiation corporelle, un écran tend à s’installer entre la personne et le professionnel. Le toucher, la palpation du corps, la relation directe face à face tendent à s’estomper au profit d’un recours de plus en plus systématique et massif aux différentes technologies. Le corps n’apparaît plus dans son dépouillement, son énigme et son intimité.
C’est le sens du soin et de la relation à l’autre qui se trouve affecté et détourné. C’est pourquoi le corps et le toucher deviennent la source de tout questionnement éthique et de toute recherche de sens. Il s’agit de se rappeler que le corps doit être pris comme point de départ de la relation. La relation au corps dans les processus d’accompagnement n’est peut-être pas une fin en soi.
Nous nous questionnerons à savoir si la relation au corps et au toucher mobilise quelque chose au niveau psychique? Pouvons-nous y attribuer des vertus curatives ou préventives? La relation au corps contribue-t-elle au bien-être? Permet-elle la rencontre de soi? Le corps donne-t-il un accès à la subjectivité ou est-ce la subjectivité qui donne accès au corps? À travers l’interdisciplinarité, nous offrons d’explorer le corps comme objet d’art, objet de création de psychomotricité, objet de soin et comme sujet de vie. De là, l’importance d’explorer également la place du toucher dans le développement de la personne humaine.
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