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Daniel Stojc : Université de Montréal
Divers territoires de l'île de Montréal se sont développés après la Deuxième Guerre mondiale, sous un modèle favorisant les déplacements en voiture. La génération qui y est installée a aujourd'hui vieilli sur place. En majorité dépendants de l'automobile, ces aînés craignent le jour où ils n'auront plus le droit de conduire. La marche constitue une alternative, car elle augmente la qualité de vie des aînés, mais est aussi un mode de transport à leur portée. Cette communication porte sur les caractéristiques de l'environnement urbain qui affectent les déplacements à pied chez les aînés à Dollard-des-Ormeaux (DDO). Des entretiens semi-dirigés menés auprès de résidents aînés nous ont permis de caractériser leur mobilité quotidienne et de connaître les éléments qui, de leur point de vue, favorisent les déplacements à pied dans le quartier, ou leur nuisent. Un audit environnemental appliqué le long des rues nous a permis d'évaluer leur niveau de marchabilité. Les résultats préliminaires montrent, à un extrême, des rues internes calmes, avec une importante végétation et sans obstacle évident, mais à usage presque exclusivement résidentiel. À l'autre extrême, les boulevards commerciaux constituent des obstacles en soi: les intersections nécessitent une rapidité de marche rarement retrouvée chez les aînés et les longs segments allongent les parcours. Pourtant, ces axes sont incontournables au quotidien et devront faire l'objet d'interventions de réaménagement prioritaires.
La politique québécoise Vieillir et vivre ensemble, chez soi, dans sa communauté, au Québec (2012) cherche à traduire le vieillissement de la population dans un projet positif de société fortement axé sur les dynamiques locales. Ses trois grandes orientations proposent en effet de Participer, de Vivre en santé et de Créer des environnements sains, sécuritaires et accueillants dans « sa communauté ». Comment les savoirs peuvent-ils informer ces intentions?
Le colloque s’organise autour de trois ordres de questions. 1) Où en est la recherche sur les dynamiques socioterritoriales du vieillissement : que connaît-on des milieux de vie actuels et à venir des aînés, de leur morphologie, de leur accessibilité et de leur praticabilité? Que connaît-on des caractéristiques des aînés qui habitent et habiteront les différents milieux de vie? 2) Qu’ont à dire la recherche et l’innovation en cours sur la signification de ces dynamiques pour l’aménagement régional et urbain et l’organisation des services à la communauté? Comment se traduit concrètement l’appel à des milieux de vie sains, sécuritaires et accueillants dans les régions, les villes et les quartiers d’aujourd’hui et de demain? Quels sont les opportunités et les obstacles présentés par le vieillissement à une ville qui se voudrait plus durable? Comment évalue-t-on les réponses qu’on y apporte selon les points de vue de plus en plus pluriels des ménages plus ou moins âgés? 3) Quelles sont les innovations porteuses pour l’aménagement des milieux de vie à l’échelle architecturale, celle de l’interaction entre les personnes et leur milieu physique immédiat? Quelles sont les contraintes à l’adoption de ces innovations? À travers ces questions, le colloque vise à faire avancer la réflexion sur nos approches à la recherche et à l’innovation, en particulier sur la nécessaire convergence des savoirs en vue de l’innovation en aménagement.