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Julie Larochelle-Audet : Université de Montréal
Depuis les dix dernières années, la prise en compte de la diversité ethnoculturelle dans le curriculum de la formation initiale à l'enseignement offerte par les universités québécoises a connu une expansion significative (Mc Andrew, 2010), et ce, malgré l'absence d'énoncé ministériel récent sur la question. Or, l'institutionnalisation de ce développement demeure faiblement concertée et organisée, à la fois à l'intérieur des universités et entre elles (Larochelle-Audet et al., 2013). Bien qu'il existe un certain nombre de recherches sur la diversité ethnoculturelle dans la formation des enseignants, aucune ne s'est intéressée directement à son institutionnalisation. Nous avons donc mené neuf entretiens de recherches qualitatifs auprès de professeurs, directions de programmes et directions générales de trois universités situées dans différentes régions du Québec afin d'expliciter la relation entre leur engagement dans des processus d'institutionnalisation de la diversité ethnoculturelle et leur vision prospective de celle-ci. Les résultats montrent qu'un engagement effectif des acteurs d'une même université peut favoriser une vision commune du l'institutionnalisation, mais que d'autres facteurs comme la présence de structures et d'opportunités de communication, l'institutionnalisation antérieure, ainsi que le contexte régional et la réalité démographique entourant l'université interviennent sur cette relation.
Ce colloque examinera les pratiques de formation des enseignants à l’éducation interculturelle. Il vise à rassembler des chercheurs et praticiens de diverses institutions impliquées dans la formation des enseignants afin de discuter des résultats d’études récentes et d’échanger sur les pratiques pédagogiques relatives à la préparation des enseignants à répondre aux besoins d’apprentissage d’une population scolaire de plus en plus culturellement diversifiée. Malgré l’argumentation soutenue aux divers paliers gouvernementaux de l’importance de l’éducation à la diversité culturelle, des études sur les programmes de formation à l’enseignement mettent en exergue plusieurs lacunes. Dans son étude sur la place et les enjeux de l’éducation multiculturelle dans la formation initiale des enseignants au Canada, Mujawamariya (2006) indique que la plupart des étudiants-maîtres quittent le programme de formation initiale sans avoir pris part à au moins une activité qui les prépare à travailler avec des élèves de différentes cultures. Ces résultats sont corroborés par ceux d’une étude plus récente sur la formation initiale à la diversité menée dans 12 universités québécoises. Les auteurs de cette étude concluent que la formation des enseignants à la diversité ethnoculturelle, religieuse et linguistique offerte dans les programmes de formation initiale au Québec est non seulement insuffisante et disparate, mais aussi que très peu de temps lui est consacré. Au delà des résultats de recherche, nous voulons mettre l’accent sur les pratiques quotidiennes dont usent les praticiens des institutions de formation des enseignants pour la mise en œuvre d’une pédagogie interculturelle. Comment jour après jour, ces praticiens favorisent-ils et valorisent-ils la diversité culturelle, à la fois dans le contenu curriculaire et les pratiques pédagogiques?
Thème du colloque :