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Emmanuel Raufflet : Réseau de recherche en économie circulaire du Québec (RRECQ)
Pendant longtemps a régné une division très claire entre des entreprises dont la finalité est le profit et celles dont la finalité est la production de biens et services sociaux ou/et communs et collectifs. Cependant, au cours des dernières années, ces frontières sont devenues plus poreuses. Un mouvement d'organisations hybrides se propose de dépasser cette division et de construire des ponts entre ces deux finalités traditionnellement opposées ((Battilana et al. (2012) ; Battilana et Dorado (2010)). Ces organisations hybrides visent, avec différents degrés, à lier réalisation de profits économiques avec finalité sociale. Ce faisant, ces nouvelles formes d'organisation ont le potentiel de renouveler et enrichir la tradition solide de l'Économie sociale et solidaire. Corolaire à ce mouvement d'hybridation, des organisations sont apparues sous diverses formes et statuts légaux en Europe, aux États-Unis et au Canada.
L'objet de cet article est de cartographier ces formes juridiques émergentes hybrides à différents degrés entre les entreprises sociales « classiques » et les entreprises économiques « pour le profit » « classiques ». Nous cartographions ces entreprises hybrides selon leur statut juridique, leurs missions, et les mécanismes de gestion et de gouvernance qui les caractérisent.
L’adoption de la Politique nationale de la recherche et de l’innovation (PNRI) par le gouvernement du Québec interpelle l’ensemble de la société québécoise. Elle vise en particulier le monde de la recherche, mais elle concerne tout autant les acteurs socioéconomiques que les citoyens. Ils sont appelés à accroître leurs capacités créatives et à les mettre au service du bien commun, de la construction d’un Québec plus dynamique et où il fait bon vivre.
La PNRI s’appuie sur les liens entre les chercheurs et la société pour favoriser « un avenir plus riche », voire « le mieux-être des Québécois sur tous les plans : économique, social et humain ». Ce colloque vise à montrer l’importance du social, voire de l’innovation sociale dans cet enrichissement collectif. Nous avons certes besoin de créativité sur les plans technologique et des relations entre les chercheurs et les entreprises, mais nous avons aussi besoin d’une collectivité qui réponde à ses problèmes sociaux d’une façon innovatrice.
On le sait, le Québec a été et demeure un vivier d’innovations sociales. Or, une réflexion sur la mise en relation des acteurs qui les portent et sur la construction d’un système qui permettrait leur diffusion, l’apprentissage collectif et l’amélioration des politiques publiques s’impose afin d’assurer que la création et l’innovation aillent dans le sens du progrès, de l’amélioration du bien-être collectif et que l’enrichissement souhaité bénéficie à tous. Des chercheurs, des acteurs institutionnels et des représentants de la société civile participeront à la réflexion sur la place des innovations sociales dans une société plus créative, mais aussi plus solidaire, où il fait bon vivre.