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L'impératif participatif et la recherche relative aux questions environnementales : le problème de la demande au sein des territoires en projets de « développement durable »

JL

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Jérôme Lafitte : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Les acteurs-habitants de territoires locaux sont de plus en plus confrontés aux problématiques environnementales. En France notamment, la gestion de ces territoires est soumise au cadre référentiel du développement durable avec ses corolaires de la gouvernance et des démarches participatives.

Pour appréhender la complexité des situations et éclairer les décisions politiques à prendre en matière d'environnement, plusieurs recherches mettent en avant le nécessaire rapprochement entre communauté scientifique et communauté de citoyens-usagers. Or en contexte de crise environnementale, les savoirs scientifiques impliqués restent non stabilisés et marqués par l'incertitude. La construction et la légitimation des savoirs s'en trouvent affectées.

Plusieurs chercheurs interrogent les vertus supposées de l'impératif participatif et des processus de gouvernance associés. Mais ils achoppent souvent sur les processus concrets de construction et d'appropriation des savoirs et sur leur intégration aux pratiques des acteurs.

Dans le cadre de la recherche que j'amorce, je souhaite interroger l'« impératif participatif » des dynamiques politiques au sein d'un territoire. Plus spécifiquement, comment les acteurs se positionnent-ils au sein du dispositif institutionnel observé ? En quoi cela influence-t-il la construction et la circulation des savoirs ? De façon transversale, je souhaite également saisir comment une recherche agit et « est agie » au contact d'une telle dynamique participative.

Résumé du colloque

Les chercheurs en éducation sont à l’occasion invités par des instances politiques (ministères, syndicats, gouvernements locaux ou collectivités territoriales) à s’engager dans des recherches commanditées, sous la forme d’appels d’offres ou de projets ciblant des objets prédéfinis. Dans le cadre d’une nouvelle gouvernance en éducation, les décideurs mobilisent pour leur part de plus en plus les savoirs scientifiques pour rationaliser et légitimer leur action politique. La recherche en éducation ne constitue pas la seule source de production de connaissances pour l’action politique, dans la mesure où d’autres instances y participent (services ministériels, agences internationales, etc.), mais elle doit « composer » avec le politique dans des formes nouvelles que nous souhaitons interroger. Ce colloque examinera comment se nouent les interrelations entre chercheurs et décideurs, entre recherche et action politique, et comment ces relations informent le processus de recherche dans le champ de l’éducation.

La réflexion sur les enjeux de la recherche commanditée en éducation s’appuiera sur les axes de questionnement suivants :

- Construction et délimitation de l’objet d’étude : comment la recherche transforme-t-elle des objets sociétaux (la persévérance, la réussite, la violence… scolaires) en objets de recherche?

- Temporalité de la recherche et de l’action politique : comment la production parfois longue de savoirs scientifiques s’accommode-t-elle d’une temporalité politique à plus ou moins court terme?

- Travail de terrain et positionnement des chercheurs : comment l’entrée sur le terrain et le recueil des données se trouvent-ils modifiés par la dialectique demande (du chercheur agissant pour le compte de…) / commande (du commanditaire le plus souvent employeur des participants)?

- Restitution de résultats aux commanditaires et aux participants : comment la recherche se positionne-t-elle vis-à-vis de groupes professionnels porteurs d’enjeux et d’intérêts parfois opposés?

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 13 mai 2014

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