Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Sandrine DUCRUC : Groupe AGÉCO
Longtemps considérées comme des territoires dynamiques, plusieurs zones d'intensification agricole font aujourd'hui face à une dévitalisation bien réelle. Améliorer les paysages et le cadre de vie de ses territoires est urgent pour y assurer la vitalité des communautés. Jusqu'à maintenant, les mesures agroenvironnementales (MAE) soutenues par les politiques publiques sont les seuls moyens mis en place pour y reconstruire ces paysages. Or, les MAE actuelles ont été vivement critiquées pour ne pas prendre en compte les sensibilités paysagères des agriculteurs, ce qui limiterait leur adoption. Notre recherche propose de comprendre le rôle des relations paysagères dans l'adoption des MAE par les agriculteurs. 40 entrevues semi-dirigées avec des agriculteurs provenant de deux bassins versants ayant fait l'objet de projet de restauration environnementale ont été réalisées. Les résultats montrent à quel point la valeur symbolique associée à des paysages entretenus et propres limite l'adoption des MAE ayant un impact sur les paysages, mais aussi de quelle manière l'adoption des MAE peut, par voie de retour, modifier cette valeur symbolique. Ils soulignent également l'importance de la trajectoire de développement de la ferme et des caractéristiques physico-spatiales de l'exploitation agricole dans cette adoption ; autant de facteurs dont la prise en compte permettrait de bonifier les programmes de MAE, et de maximiser leurs bénéfices au profit de la viabilité des communautés rurales.
Le Québec compte plus de 1000 collectivités rurales couvrant 90 % du territoire habité, dans lesquelles vit environ le quart de la population québécoise. Plusieurs de ces municipalités se portent bien, tandis que d’autres sont considérées comme dévitalisées. Quoi qu’il en soit, les collectivités rurales ont connu depuis les 20 ou 25 dernières années de nombreuses transformations tant sur le plan social, économique que politique. Elles ont également été le théâtre de multiples expériences novatrices visant à les redynamiser. Il y a un peu plus de 20 ans, en 1991, avaient lieu au Québec les États généraux du monde rural qui lançaient un cri d’alarme quant à la dévitalisation de plusieurs villages ruraux. Dans la foulée était créé l’organisme Solidarité rurale du Québec (qui deviendra instance-conseil du gouvernement en 1997). En 2001, le Gouvernement du Québec adoptait sa première Politique nationale de la ruralité, dont il a annoncé la troisième mouture en décembre 2013.
Prenant comme balise ces États généraux du monde rural de 1991,ce colloque portera à la fois sur l’évolution des territoires ruraux et de la recherche qui se fait sur et avec les communautés rurales depuis cette époque. Il mettra en lumière les défis qui se posent aujourd’hui à la ruralité québécoise et explorera les avenues d’intervention et de recherche pour les relever.