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Laurent Bourdeau : Université Laval
L'inscription des lieux naturels et culturels sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO est un outil de protection des sites reconnus, mais elle apparaît également comme une opportunité d'utiliser le patrimoine comme un outil de développement économique. Par exemple, on observe qu'un certain nombre de sites et de villes reconnus utilisent le label de l'UNESCO à des fins promotionnelles. La valeur exceptionnelle des sites du patrimoine apparaît ainsi non seulement associée à son unicité, mais également à son pouvoir d'attraction, un pouvoir d'attraction qui vise tant les touristes que les résidents. Cette recherche empirique présente diverses modalités d'utilisation promotionnelle du label de l'UNESCO par des villes reconnues. Elle permet de comprendre comment les différentes formes promotionnelles peuvent – dans certains cas - répondre aux besoins des touristes, notamment les touristes définis comme « culturels » et à positionner la destination touristique sur l'échiquier international, ce qui est en accord avec les objectifs de sauvegarde du patrimoine, - mais dans d'autres cas, cette promotion et cette attractivité peuvent être en contradiction avec le caractère patrimonial du site et les aspirations de ses résidents. Bien que pouvant accroître le pouvoir d'attraction d'un site, on peut suggérer que pour un certain nombre de villes, le label n'apporte aucune garantie quant à la qualité de l'expérience touristique offerte aux touristes visées.
Avec près de 1000 sites, la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO s’est imposée comme incontournable, tant pour les opérateurs touristiques que pour les autorités locales qui y voient une ressource pour le développement. Mais depuis quelques années, la place des habitants est devenue centrale dans la gestion de ces sites. En effet, comment est-il possible d’attirer les touristes tout en préservant, ou améliorant, les conditions de vie des habitants? Récemment s’est développée l’idée qu’il serait nécessaire d’intégrer les habitants à la gestion des sites. Si cette approche pose encore de nombreuses interrogations, elle pose aussi la question, rarement évoquée, de l’intégration des touristes et des activités touristiques dans la gestion et la planification. Pourtant, l’influence du tourisme semble évidente quand il s’agit d’analyser l’évolution des infrastructures et des aménagements urbains dans ces quartiers, mais on peut se demander si cette influence n’est pas plus profonde qu’il n’y paraît, et dans quelle mesure les acteurs locaux n’anticipent-ils pas les attentes des touristes, ou ce qu’ils pensent être leurs attentes. Comment dans ce cas connaître ces attentes et doit-on les prendre en compte? Est-il possible de combiner les attentes et besoins du tourisme aux particularismes locaux pour éviter une uniformisation qui va à l’encontre de l’idée même du patrimoine? Par ailleurs, si dans certains sites, on propose déjà aux touristes étrangers de participer à des projets de restauration et de mise en valeur, y aurait-il lieu d’imaginer des solutions permettant une implication plus large et plus accessible à la conservation et au développement local? En d’autres termes, ce colloque propose de poser la question de la gestion participative des sites inscrits au patrimoine mondial, mais en l’abordant sous l’angle de l’influence et de la participation des touristes, et pas seulement celle des habitants.
Titre du colloque :