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Normativité et biologie : à la défense de Millikan

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Jean-Charles Pelland : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Selon Ruth Millikan (1984,1990), il est possible de dériver des normes de comportement pour un organisme biologique — qu'il soit humain, animal, ou autre — en identifiant les mécanismes qui ont permis à son espèce de survivre. Millikan propose ainsi de décrire la normativité en termes évolutionnistes : le comportement d'un organisme est normal s'il correspond aux fonctions biologiques propres à son espèce. Ce naturalisme s'appliquerait tant aux intentions humaines qu'au comportement d'un insecte : dans les deux cas, on peut évaluer le comportement selon la norme biologique. Or, selon Martin Kusch (2005), la théorie de Millikan ne peut rendre justice à l'objectivité de la normativité, puisque la survie n'a pas de valeur objective. De plus, Kusch s'oppose à la notion de norme biologique, alléguant qu'elle repose sur un usage métaphorique du terme ‘norme'. Kusch avance que cette notion dépend d'une définition concrète de ‘norme' qui, selon lui, doit avoir les intentions humaines comme point de départ. Ma communication décrit les grandes lignes de la théorie de Millikan et sa naturalisation de la normativité. Par la suite, je présente les objections de Kusch avant d'y répondre en clarifiant certains éléments de la théorie de Millikan. Ainsi, je défends un point de vue selon lequel la normativité est un phénomène indépendant de l'esprit humain.

Résumé du colloque

L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.

Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 13 mai 2014

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