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Normativité et dispositions

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Olivia Sultanescu : York University

Résumé de la communication

Le paradoxe sceptique selon lequel rien ne détermine les contenus des états mentaux intentionnels a été formulé par Saul Kripke il y a plus de trente ans (Kripke 1982). Kripke maintient qu'aucun des candidats potentiels (tels que les sens frégéens et les expériences subjectives) ne peut jouer le rôle de déterminant des contenus. Son argument s'appuie sur la thèse selon laquelle la signification doit guider l'application des expressions et des concepts. Cette thèse a été réfutée par certains philosophes (McDowell 1992 ; Stroud 2000), mais ceux qui l'ont rejetée n'ont pas offert une solution au paradoxe, dont la conséquence inquiétante est que le phénomène de la signification est illusoire. Récemment, Hannah Ginsborg a proposé une manière nouvelle de répondre au défi lancé par Kripke (Ginsborg 2011, 2012). Ginsborg suggère que l'idée que la signification doit guider l'application des expressions et des concepts doit être abandonnée. Si on l'abandonnait, on se rendrait compte que la notion de disposition peut fournir une solution au paradoxe sceptique. Au cœur de la proposition se trouve, en fait, une façon originale de concevoir la normativité : succinctement, les êtres humains ont la disposition naturelle de regarder comme appropriées leurs réactions face aux objets extérieurs. Dans cette communication, j'examine les mérites de la proposition de Ginsborg, spécifiquement en vue des critiques articulées par Adrian Haddock (2012).

Résumé du colloque

L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.

Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 13 mai 2014

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