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Patrimoines locaux, « paysage culturel urbain » et tourisme globalisé : le cas de la région portuaire de Rio de Janeiro

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Jérôme Souty : Universidade do Estado do Rio de Janeiro

Résumé de la communication

Le 1er juillet 2012, les « paysages cariocas entre la montagne et la mer » on été inscrits au Patrimoine Mondial de l'Unesco. La ville de Rio de Janeiro a ainsi été distinguée dans la catégorie de « Paysage culturel urbain ».

On s'intéressera aux vieux quartiers portuaires, situés près du centre historique, qui sont l'objet depuis 2009, d'une opération de « revitalisation » de grande ampleur. Ce programme « Porto Maravilha » est accéléré par la réalisation, dans l'agglomération, d'événements sportifs internationaux (Coupe du Monde de Football 2014, Jeux Olympiques 2016). Si le vieux port industriel a beaucoup perdu de son importance, le port de tourisme est en plein essor et des milliers de touristes débarquent des navires de croisière qui accostent sur la Place Mauá.

Les actuelles politiques publiques d'aménagement visent à transformer cette région portuaire en un quartier d'affaire, mais aussi de loisir et de tourisme, en s'appuyant sur les aménités locales, notamment la présence de riches patrimoines culturels (matériels mais aussi immatériels) locaux, et de paysages spectaculaires.

On s'intéressera ici à la confrontation entre d'une part l'imaginaire des lieux et les revendications portées par les habitants et travailleurs de la région, et d'autre part les politiques publiques qui visent à construire une nouvelle image urbaine et à offrir une nouvelle visibilité à ces quartiers, à l'intention notamment d'un public touristique international

Résumé du colloque

Avec près de 1000 sites, la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO s’est imposée comme incontournable, tant pour les opérateurs touristiques que pour les autorités locales qui y voient une ressource pour le développement. Mais depuis quelques années, la place des habitants est devenue centrale dans la gestion de ces sites. En effet, comment est-il possible d’attirer les touristes tout en préservant, ou améliorant, les conditions de vie des habitants? Récemment s’est développée l’idée qu’il serait nécessaire d’intégrer les habitants à la gestion des sites. Si cette approche pose encore de nombreuses interrogations, elle pose aussi la question, rarement évoquée, de l’intégration des touristes et des activités touristiques dans la gestion et la planification. Pourtant, l’influence du tourisme semble évidente quand il s’agit d’analyser l’évolution des infrastructures et des aménagements urbains dans ces quartiers, mais on peut se demander si cette influence n’est pas plus profonde qu’il n’y paraît, et dans quelle mesure les acteurs locaux n’anticipent-ils pas les attentes des touristes, ou ce qu’ils pensent être leurs attentes. Comment dans ce cas connaître ces attentes et doit-on les prendre en compte? Est-il possible de combiner les attentes et besoins du tourisme aux particularismes locaux pour éviter une uniformisation qui va à l’encontre de l’idée même du patrimoine? Par ailleurs, si dans certains sites, on propose déjà aux touristes étrangers de participer à des projets de restauration et de mise en valeur, y aurait-il lieu d’imaginer des solutions permettant une implication plus large et plus accessible à la conservation et au développement local? En d’autres termes, ce colloque propose de poser la question de la gestion participative des sites inscrits au patrimoine mondial, mais en l’abordant sous l’angle de l’influence et de la participation des touristes, et pas seulement celle des habitants.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 13 mai 2014

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