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Gérald Houdeville : Université catholique de l'Ouest
Au terme d'une recherche conduite en France, dans des établissements catholiques d'enseignement, nous parvenons au constat suivant : la vulnérabilité des cadres éducatifs ne se décline pas de la même manière lorsqu'elle est comparée avec celle des enseignants. Les premiers sont les héritiers d'une histoire professionnelle et institutionnelle contribuant à fragiliser leur position statutaire (déficit statutaire, transactions identitaires et sociales permettent de le comprendre). Les seconds sont les produits d'une programmation institutionnelle différente : recrutés sur la base d'un concours ils sont en général le produit d'une trajectoire scolaire réussie ; mais les voilà confrontés à la nécessité de faire face aux élèves : leur statut ne les met pas à l'abri d'un quotidien pédagogique vécu sur le mode du conflit. Cela étant dit, les cadres éducatifs développent des représentations sociales plutôt positives à l'égard des élèves dont ils ont la charge alors que les enseignants adoptent quant à eux des schémas de pensée beaucoup plus négatifs concernant les apprenants. Le développement d'une intelligence collective (projets, travail collectif) dans des établissements ─ et, ce faisant, la rupture avec des modèles pédagogiques et éducatifs anciens ─ semble fonctionner comme un antidote aux risques psycho-sociaux : mobiliser une équipe assez large facilite la naissance d'un travail collectif rendant possible le développement de ressources psychologiques et sociales
Crise, incertitude, complexité, turbulence, autant de mots qui caractérisent l’environnement dans lequel nous vivons aujourd’hui. Les individus, les organisations et les sociétés ont à faire face à des crises individuelles ou collectives, à des catastrophes naturelles, à des perturbations climatiques qui les ébranlent. Cet état de fait est certainement à l’origine, depuis les années 90, de la croissance spectaculaire des publications dans la recherche sur les dimensions humaines du changement environnemental global, particulièrement dans les domaines de connaissance que sont ceux de la vulnérabilité, de la résilience et de l’adaptation (M. A. Janssen, 2006). Les concepts de vulnérabilité et de résilience qui nous intéressent spécifiquement dans ce colloque ont été repris dans de nombreuses disciplines différentes, dont la géographie, la science politique, l’économie, l’écologie, les sciences environnementales, la psychologie, l’archéologie, les mathématiques, l’ingénierie, etc. Toutefois, force est de constater qu’en management et en gestion des personnes en milieu de travail, les concepts de vulnérabilité et de résilience sont plus récents et gagnent donc à être étudiés plus en profondeur. Au sein des organisations, les vulnérabilités sont de plusieurs natures. Le recours à une approche basée sur le concept de résilience, plutôt que de s’opposer directement à l’aléa (Dauphiné, 2007), vise à anticiper les crises, à comprendre qu’elles résultent à la fois d’une accumulation de fragilités et d’aveuglements à la présence de ces vulnérabilités (Turner, 1976; Roux-Dufort, 2010; etc.). L’objectif de ce colloque est de réunir des chercheurs et professionnels autour de ces deux thèmes interreliés que sont la vulnérabilité et la résilience, tant au niveau individuel qu’organisationnel.