pen icon Colloque
quote

Que faire du réalisme normatif?

DR

Membre a labase

David ROCHELEAU-HOULE : York University

Résumé de la communication

Dans cette communication, je propose d'évaluer les implications métaéthiques du « réalisme normatif ». Par réalisme normatif, j'entends l'idée selon laquelle nos pratiques normatives ont une apparence factuelle et, plus spécifiquement, l'idée selon laquelle le langage moral cherche à représenter, du moins en apparence, des faits. Le défi de la métaéthique est d'expliquer adéquatement cette apparence de factualité. Ma thèse est la suivante : dans la mesure où nous désirons préserver l'apparence factuelle des jugements normatifs, le quasi-réalisme est la meilleure option métaéthique disponible. Je vais également tenter de montrer en quoi cette option est préférable à deux autres théories métaéthiques : le constructivisme humien de Sharon Street et le réalisme « robuste » de David Enoch. Du côté du constructivisme humien, en tentant de réconcilier le point de vue théorique et le point de vue pratique tout en acceptant un naturalisme strict, cette théorie échoue à préserver l'apparence factuelle de la normativité. Du côté du réalisme non-naturaliste, cette théorie échoue à nous présenter une justification appropriée envers sa thèse ontologique selon laquelle il existe des vérités normatives irréductibles. Devant un tel constat, le quasi-réalisme peut représenter une avenue intéressante où il serait possible de préserver l'apparence factuelle de la normativité sans les coûts ontologiques du réalisme robuste.

Résumé du colloque

L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.

Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 13 mai 2014

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :