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Alexis Hudelot : UQAM - Université du Québec à Montréal
Walter Lippmann projette une double identité depuis des décennies. Reconnu comme l’un des journalistes le plus influents du 20e siècle, il est aussi considéré par plusieurs auteurs comme un apologiste de la propagande. Utilisé uniquement dans ses deux premiers livres (en 1922 et 1927), son concept de manufacture du consentement est généralement interprété comme un plaidoyer élitiste pour la manipulation d’un public incapable de véritablement participer à l’exercice démocratique.Depuis quelques années pourtant, des auteurs dressent un portrait plus nuancé, qui semble contredire l’interprétation propagandiste de l’œuvre de Lippmann.
Cette recherche – dérivée de ma thèse de doctorat - propose de replonger dans le contexte historique qui voit naître l’idée de la manufacture du consentement, afin de proposer une interprétation alternative de ce qui constitue encore aujourd’hui l’héritage historique le plus reconnu de Walter Lippmann. En utilisant un cadre théorique inspiré de Quentin Skinner nous avons étudié l’œuvre et la carrière de Walter Lippmann dans le contexte des grands débats de la psychologie sociale au tournant du 20e siècle. Ce faisant nous en concluons que la manufacture du consentement constitue en fait une antithèse de la propagande, qui sera rapidement reprise par l’un des pionniers des relations publiques, Edward Bernays, pour donner du poids à sa vision d’une société systématiquement propagandiste : l’ingénierie du consentement.
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