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Jakob Leimgruber : Université McGill
La recherche sur les attitudes langagières au Québec a une longue tradition. Par contre, peu d'analyses ont tenu compte du «répertoire linguistique» des répondants, donc du nombre de langues effectivement utilisées par les locuteurs, ainsi que des compétences dans ces langues – une variable non négligeable surtout pour la population allophone. Parmi les études qui font référence aux connaissances et compétences linguistiques de leurs sujets, très rares sont celles qui expliquent les corrélations entre ce répertoire linguistique et les attitudes langagières.
Dans la présente étude, un échantillon de québécois francophones, anglophones et allophones ont répondu à un questionnaire informatisé. Une analyse préliminaire des résultats suggère une corrélation possible entre les compétences linguistiques et les attitudes langagières. Cette corrélation est plus marquée dans le cas des compétences en anglais des francophones que dans le cas inverse. Ainsi, le degré d'accord avec des énoncés au sujet de l'«utilité» et de l'«importance» de l'anglais au Canada et avec l'assertion que le bilinguisme présente un «avantage» augmente chez les francophones avec la compétence autodéclarée en anglais. La tendance équivalente ne s'observe pas chez les anglophones, où la seule corrélation significative apparait dans un énoncé sur la «fierté» d'avoir deux langues officielles au niveau fédéral.
Le thème du colloque porte sur la diversité des communautés d’expression anglaise du Québec et les défis que cela représente en termes d’inclusion à la société québécoise et de mobilisation des ressources. Ces communautés doivent, en effet, œuvrer dans un contexte politique changeant tout en faisant face elles-aussi à la diversité ethnique, religieuse, linguistique et géographique de leurs membres. Elles sont aussi traversées par des problématiques de différenciations en termes de classe sociale et de genre. Ce colloque entend rassembler des communications portant sur divers aspects de la diversité chez ces communautés. Il sera aussi l’occasion de réfléchir sur les écarts existants entre les caractéristiques sociodémographiques des anglophones du Québec, les représentations sociales des anglophones chez la majorité francophone et les définitions issues des cadres législatifs provincial et fédéral qui les définissent tantôt en termes de minorité, de communauté(s), d’individus de langue maternelle anglaise ou de première langue officielle parlée. Il abordera la façon dont les membres des communautés anglophones sont continuellement amenés à renégocier leur(s) identité(s) et leur inclusion au sein de la société québécoise. Enfin,il tentera d’identifier les enjeux qui se dessinent autour des ressources qu’il faut mobiliser pour continuer à offrir et adapter des services à ces communautés tout en contribuant au développement de la société québécoise et de ses propres défis d’inclusion et de francisation.
Nous souhaitons remercier le comité scientifique qui a participé à l’élaboration du programme, soit Lorraine O’Donnell, Ph. D.; Anne Robineau, Ph. D.; Cheryl Gosselin,Ph. D.; et Paul Zanazanian, Ph. D.