pen icon Colloque
quote

Utiliser une caméra pour filmer les évolutions de l'expérience scolaire sur une année. Quels types de participation des sujets et quelles conséquences dans la production des connaissances?

CP

Membre a labase

Celine Pechard : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

L'utilisation d'un outil d'enregistrement aussi intrusif et technique qu'une caméra pose la question du type de participation des sujets filmés à la recherche (Mohl, 2011) et des conséquences de cette participation dans la production des connaissances. Pour garder une distance critique vis-à-vis de l'utilisation de la caméra lors de notre recueil de données et de questionner les possibilités d'en faire un outil méthodologique innovant, c'est-à-dire susceptible d'être porteur d'informations que d'autres méthodes n'auraient pas amenées et témoignant du passage à un paradigme nouveau, nous posons la question des avantages et des limites de l'observation filmante (Lallier, 2011). Cette étude de cas porte sur les liens entre la relation maître-élève (RME) (Riley, 2011 ; Pianta, 1999) et les transformations de l'expérience scolaire d'adolescents «décrochés de l'intérieur» (Bernard, 2011) sur une année. Les évolutions de leur expérience scolaire (Dubet et Martuccelli, 1994), principalement dans sa dimension subjective, c'est-à-dire liée à la capacité du sujet à donner du sens et à avoir une distance réflexive vis-à-vis de l'école, étaient analysées. Il s'avère que l'observation filmante génère des modes de participation des sujets à la recherche originaux et changeants qui, lorsqu'analysés se révèlent riches d'informations justement parce qu'ils témoignent «au-delà des mots», des évolutions de la dimension subjective de l'expérience des sujets.

Résumé du colloque

De récents articles (Taylor, Coffey, 2009; Pain, 2009; Travers, 2009; Wiles, Crow et Pain, 2011) présentent des analyses de pratiques de recherche qui s’affichent innovantes et mettent en lumière une problématique intéressante à explorer. Travers (2009) estime que ce qui est présenté comme une innovation par les chercheurs est de fait une adaptation ou un raffinement de méthodes classiques. Wiles, Crow et Pain (2011) soutiennent que les innovations analysées ne montrent pas de réels changements de paradigme dans le champ de la recherche qualitative, mais qu’elles correspondent surtout à des développements technologiques ou constituent des adaptations de méthodes traditionnelles.

La question de l’innovation en méthodologie pourra être abordée sous deux angles. D’une part, on ne peut nier que les efforts soutenus des chercheurs en recherche qualitative ont permis l’émergence d’un ensemble de pratiques de recherche tout à fait innovantes. Parmi ces pratiques, peut-on cerner de grandes innovations en recherche qualitative? Quelles sont-elles et comment ont-elles modifié notre regard sur le processus même de recherche? La recherche qualitative serait-elle, en elle-même, une innovation?

Par ailleurs, sur le plan théorique, comment, en recherche qualitative, définir l’innovation? En quoi une innovation se distingue-t-elle d’une adaptation ou d’un transfert? Quelles sont les conditions nécessaires, indispensables ou essentielles pour qualifier un dispositif d’innovation? Sur le plan pratique, dans les recherches actuelles, quels sont les motifs qui les justifient et à quel niveau les situer (méthode, éthique, instrumentation, analyse, etc.)? À quelles exigences répondent-ils qui ne puissent être remplies par les dispositifs existants? Quelles conséquences découlent des nouvelles conditions d’emploi du dispositif?

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
manager icon Responsables :
Chantal Royer
section icon Date : 13 mai 2014

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :