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Leïla Benhadjoudja : Université d'Ottawa
Faire de la recherche sur des questions relatives aux femmes musulmanes au Québec dans un contexte polémique et controversé pose le défi de la permanence entre distanciation et proximité avec les controverses. Dans le cadre de ma recherche doctorale, où je m'intéresse au féminisme musulman au Québec, le défi a été d'autant plus grand que l'existence même de mon objet d'étude a été contestée par des acteurs sociaux et politiques. Cette remise en cause a mobilisé des savoirs ordinaires et experts. En effet, produire un savoir en menant une recherche sur le féminisme et l'agency des femmes musulmanes suscite parfois de l'incompréhension, du doute et de la méfiance quant à la « vérité » de ce savoir. Dès lors, les questions relatives aux rapports de pouvoir à l'œuvre dans les différentes formes de savoir (profane et scientifique) deviennent fondamentales.? Cela dit, qu'en est-il lorsque des savoirs au sujet des femmes musulmanes sont mis en doute car ils interrogent, questionnent et transgressent à la fois les savoirs « des gens », donc profanes, et les savoirs « érudits », donc institutionnels et scientifiques. Dans le cadre de cette communication, j'interroge les modalités de reconnaissance des recherches au Québec sur les femmes et le féminisme en islam comme savoir « vrai », tant par les institutions que par « les gens », dans un climat national et international où les discours sont polarisés entre « pro » et « anti » islam (Roy, 2004).
Quels sont les apports des femmes racisées à la recherche féministe? Cette rencontre du Réseau québécois en études féministes vise à explorer les différentes facettes de la réalité de la recherche féministe au Québec en lien avec les femmes racisées, et à en rendre compte. Dans un premier temps, le colloque s’intéresse à la contribution qu’apportent les femmes racisées à la recherche féministe au Québec : où sont-elles, sur quels sujets travaillent-elles, comment contribuent-elles à l’analyse féministe au Québec? Dans un second temps, l’objectif est de donner la parole à l’ensemble des chercheures féministes qui travaillent sur les femmes racisées au Québec et de cerner les problématiques, questions et enjeux qui émergent de leur démarche. Dans quels termes la recherche féministe produite au Québec aborde-t-elle les femmes racisées? Quels sont les principaux axes de recherche? En quoi le fait de porter attention au processus de racialisation permet-il de générer de nouvelles connaissances sur les réalités des femmes en recherche et des femmes comme sujets de la recherche? Y a-t-il des réticences à l’élargissement du sujet-femme au centre du féminisme québécois? Le colloque entend faire un bilan de la contribution des travaux par et sur les femmes racisées à la recherche féministe au Québec. Comment cette recherche contribue-t-elle à enrichir les connaissances sur les femmes et sur la société québécoise? Par le biais de ce colloque nous aimerions mettre en lumière les nouvelles perspectives d’analyse qui émanent de ces travaux et leur contribution à l’enrichissement des études féministes au Québec. En quoi les perspectives intersectionnelles, antiracistes et postcoloniales viennent-elles éclairer les débats et quelles sont les limites de ces approches? Comment le « Black feminism », le féminisme musulman et le féminisme autochtone sont-ils reçus par le féminisme québécois ?
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