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Mélodie Simard-Houde
L'entre-deux-guerres, en France, est une période marquée par de nombreuses évolutions technologiques, qui bouleversent les usages dans plusieurs domaines de la vie sociale et urbaine : de nouveaux moyens de transport, modes de communication, sports et loisirs connaissent un essor important. La presse se fait le témoin de première ligne de ces bouleversements, comme en témoigne quantité de reportages. Le reporter observe, enregistre les aspects nouveaux de la vie urbaine et en fait souvent lui-même l'expérience. Il s'intéresse aux héros populaires et aux machines perfectionnées qui les incarnent et qui suscitent chez lui admiration, enthousiasme, voire identification.
De ces témoignages ressort une vive impression de changement. Le thème de la vitesse, croissante et omniprésente, traverse les domaines évoqués et les textes journalistiques qui en rendent compte. Les médiateurs de presse se positionnent vis-à-vis de celle-ci, qu'ils la considèrent comme un signe de la modernité et en exaltent l'ivresse, ou qu'ils soulignent au contraire la standardisation de la vie et les désagréments qui en découlent. Le reporter s'attache à l'étude d'une ville et d'une société en mutation et prolonge, en quelque sorte, le roman d'aventures dans la sphère journalistique, en ouvrant une tribune à de grandes topiques qui lui étaient traditionnellement dévolues.
Le corpus est établi à partir du dépouillement de quotidiens (Paris-Soir, Le Petit Parisien) et d'hebdomadaires (Vu, Détective).
La presse est un laboratoire interdisciplinaire particulièrement riche qui invite à regarder au-delà du réservoir d’informations qu’il compose. En ce sens, les travaux autour de l’équipe Penser l’histoire de la vie culturelle (PHVC) proposent de repenser l’usage de la presse et le rôle des médias écrits dans l’élaboration d’une histoire de la vie culturelle.
Prise dans son ensemble, la presse de grande diffusion (journaux, magazines, publications sérielles) raconte et infléchit tout à la fois la nature des changements qui surviennent dans la vie culturelle d’une ville, à une époque donnée. Parallèlement, la ville influence et reflète le nombre et la variété des publications qu’elle héberge. Autrement dit, si la presse exerce une influence déterminante sur la façon dont on conçoit, consomme et pense une ville, celle-ci agit de manière tout aussi marquante sur les publications qui circulent, sur la composition du lectorat ou sur les événements culturels qui nourriront les textes, les images ou la publicité. Si l’on considère que la presse, prise dans son ensemble, constitue, comme la ville, un espace public commun, ne peut-on voir les sections, les rubriques et les chroniques comme des éléments structurants de la vie culturelle urbaine au même titre que les quartiers, les rues et les bâtiments? Qu’est-ce que les intitulés des rubriques, la forme de la publicité, le classement de la matière « culturelle » ainsi que le choix et la présentation des œuvres elles-mêmes nous apprennent sur le mouvement de la vie culturelle?
Les questions qui sont ouvertes par cette homologie presse-ville sont nombreuses, aussi concentrerons-nous nos échanges autour de cinq thèmes : l’esthétique, la publicité, les femmes, l’espace et le temps. Afin de saisir la nature des changements que crée la symbiose presse-ville dans l’espace public, le colloque centrera ses travaux sur la vie culturelle urbaine de l’entre-deux-guerres.
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