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Francine Charest : Université Laval
Charest et Bédard (2013) ont déjà montré que le Web 2.0 était la revanche des internautes qui tentent de se réapproprier le Web tel qu'il avait été conçu par Tim Berners-Lee en 1994, soit comme un outil d'échange et de partage d'information. Il a été clairement montré que la première génération de Web a plutôt été utilisée par les gens d'affaires à des fins de diffusion et de promotion. Or, cette réappropriation du Web par les usagers oblige les professionnels des relations publiques et les gestionnaires des médias sociaux à utiliser ces nouveaux médias comme un moyen de communication interactif avec leurs publics pour ainsi satisfaire les besoins d'information et de communication associés aux nouvelles façons de communiquer dans les médias sociaux, rejoignant ainsi le modèle précurseur en relations publiques de communication symétrique bidirectionnel de Grunig (1984). Mais qu'advient-il du pouvoir de l'influence (Katz et Lazarsfeld, 1955), voire de l'E-influence (Ducrey, 2013) exercé par les professionnels sur leurs publics? Nous émettons l'hypothèse que les professionnels exerce de l'influence sur leurs publics à 3 niveaux soit lors 1. de la diffusion, 2. du repartage ou retweeet et 3. lors des conversations. C'est ce que nous tenterons d'évaluer en procédant par une démarche d'analyse qualitative menée auprès de gestionnaires des médias sociaux dans le cadre d'entretiens semi-dirigés, à partir de leur point de vue, de leur perception de l'influence.
Objectifs spécifiques du colloque
Ce colloque veut réunir des chercheurs s’intéressant aux dynamiques entre les acteurs de la communication et de l’information. En cohérence avec ce que nous croyons être une nouvelle réalité vécue sur le terrain, un des objectifs est de valider si les approches oppositionnelles d’amour/haine ou axées sur l’interdépendance restent pertinentes ou si d’autres perspectives pourraient être envisagées.
Parmi les questions que nous souhaitons explorer, soulignons :
1) Les transformations de ces professions modifient-elles leurs interactions?L’augmentation des journalistes indépendants sur le Web modifie-t-elle le travail des relationnistes? Les exigences de production d’heure en heure des journalistes les rendent-ils plus dépendants des relationnistes? L’exigence de transparence que formule la société civile à l’endroit de la classe politique modifie-t-elle ses stratégies communicationnelles? Quels rôles jouent les considérations éthiques (l’authenticité, la responsabilité sociale, le dévoilement des sources, etc.) au sein des relations entre les acteurs?
2) Ces transformations créent-elles de nouveaux rapports de forces?
Comment l’infériorité numérique des journalistes face aux relationnistes influence-t-elle leurs relations? Les journalistes deviennent-ils le relais d’intérêts privés, plutôt que les serviteurs de l’intérêt public? Les zones de concurrence pour l’accès à l’espace public et son occupation sont-elles déplacées, multipliées? Quels sont les rapports de force dans les processus décisionnels de publication de l’information?
3) Quels sont les impacts des médias sociaux sur les acteurs de ces professions et leurs interactions?
Considérant que les organisations peuvent communiquer directement avec leurs publics via les médias sociaux, les relationnistes ont-ils toujours besoin des journalistes? Les campagnes électorales 2.0 modifient-elles les relations entre les médias et la classe politique? Grâce aux médias sociaux, les occasions de coopération et les interdépendances sont-elles favorisées ou remises en question? Comment les communicateurs se positionnent-ils face au rôle collaboratif ou participatif des publics?
4) Ces professions sont-elles toujours aussi distinctes?
Transparence, intérêt public, droit à l’information, communication bidirectionnelle, vérité, etc. : comment les professionnels s’approprient, perçoivent et revendiquent ces notions? Sur quels critères ces professions se différencient-elles au sein de leurs associations professionnelles, de leurs syndicats? De quelles balises déontologiques se dotent-elles pour circonscrire leurs frontières éthiques? Quelle mission caractéristique se donnent-elles? La transmission intergénérationnelle des identités professionnelles est-elle ou devrait-elle être reconsidérée?