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Carine Villemagne : Université de Sherbrooke
L'éducation relative à l'environnement (ERE) des adultes, même si elle est sous-théorisée, a fait l'objet de développements conceptuellement éclectiques. Diverses propositions libérale, progressiste, comportementaliste, humaniste et radicale ont donné lieu à des pratiques très hétéroclites. Au cours des dernières décennies, consumérisme, hyperindividualisme et extractivisme ont exacerbé une crise écologique mondiale dont l'issue est aujourd'hui incertaine. Pourtant des résistances locales s'organisent fondées sur des conceptions du monde et de l'environnement différentes qui appellent à la mobilisation et à l'engagement des citoyens. Dans ce contexte, l'ERE des adultes cherche à se redéfinir car pour plusieurs auteurs, l'ERE ne répond pas aux besoins d'apprentissage des adultes. Inspirée des processus éducatifs et participatifs qui traversent divers mouvements sociaux (dont celui de la justice environnementale) et d'éducation populaire, l'ERE des adultes serait « une approche éducationnelle engageante, inclusive et active qui, fondée sur des disciplines multiples, informe, émancipe et développe le pouvoir d'agir des apprenants » (Haugen, trad. Libre, 2009). Notre communication propose ainsi, à partir d'une récente recension théorique, d'exposer les principaux repères théoriques qui fondent une ERE des adultes ancrée dans les problématiques sociales, économiques, éducatives et environnementales contemporaines.
Au fil des dernières décennies, depuis la lancée du Programme international d’éducation relative à l’environnement de l’UNESCO en 1975, ce champ d’action éducative s’est largement déployé sur le plan théorique et pratique, et s’est modulé en fonction de l’évolution des problématiques socioécologiques, de la réflexion sociale sur le rapport à l’environnement et du foisonnement de l’expérience pédagogique. Imprégnée des préoccupations de développement durable, d’écodéveloppement, de justice écologique, de santé environnementale, d’écologie politique ou de démocratie écologique, l’éducation relative à l’environnement s’est inscrite au fil du temps dans la trame de la contemporanéité et a montré l’importance d’une d’écocitoyenneté. Ce colloque vise à mettre en évidence les repères théoriques qui ont été plus récemment développés ou adoptés ou confirmés dans le champ de la recherche en éducation relative à l’environnement, y incluant les dynamiques de formation.
Plus spécifiquement, les participants seront invités à se pencher sur les repères théoriques contemporains susceptibles de mieux appréhender les défis que pose, pour l’action éducative en matière d’environnement, la cohérence entre l’être et l’agir, entre le savoir, le dire et le faire. À cet effet, les liens entre la construction identitaire (dont l’identité écologique) et l’engagement (dont l’engagement écocitoyen) feront l’objet d’une attention particulière. D’autres thématiques seront également abordées, toujours dans la perspective de partager et de valider des repères pour l’action éducative en matière d’environnement dans le contexte actuel : le rapport aux savoirs (dont le savoir scientifique) et au pouvoir, le rapport à la nature et au territoire, les dynamiques citoyennes et l’intelligence collective, les conditions de l’innovation écosociale, la formation des enseignants et autres éducateurs, le rôle des différents acteurs de la société éducative (médias, musées, ONG, etc.).
Thème du colloque :