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Magdalena Baczkowska : Université d'Ottawa
Compte tenu de leurs origines socio-historiques dans une tradition occidentale orientée vers l'individualisme, l'usage des interventions en santé mentale avec des groupes « minoritaires » appelle à un débat autour de leur pertinence. Une des questions qui émerge concerne le degré de la nécessité des services basés sur un ensemble de marqueurs prédéterminés, généralement issus des modèles de pratiques enracinés dans une notion particulièrement limitée de « culture »: Doit-on offrir plus de services pour les minorités? Cette communication propose de se focaliser sur des enjeux concernant les personnes sans-statuts et réfugiées. La spécification des services pour les migrants forcés a tendance à se fonder sur la condition de la «réfugitude» (Lacroix, 2004). Elle implique typiquement une justification basée sur le type de migration, le statut assigné, l'appartenance culturelle (souvent en termes ethno-raciales) et l'état psychologique. Nous pouvons identifier au moins deux tensions dans cette problématique: des processus de colonisation et de différenciation. Cette contribution propose d'interroger ces dynamiques: Existe-il une façon d'aborder les effets douloureux qui découlent de la réfugitude sans le recours, d'une part, à des pratiques colonisantes qui supplantent les savoirs locaux et, d'autre part, à la mise en place des pratiques de différenciation qui négligent la complexité et l'hétérogénéité des expériences individuelles? (Monk et al., 2008; Paré, 2013).
La prévalence des problèmes de santé mentale est une préoccupation majeure des sociétés contemporaines occidentales. Si les débats font rage pour comprendre les raisons de cette croissance que certains ont même qualifiée d’épidémie, il n’en demeure pas moins que l’accès aux services de santé mentale afin de prendre en charge la souffrance liée à ce trouble n’est pas toujours aisé. Plusieurs facteurs peuvent expliquer les différences d’accès aux services de santé mentale et physique : les barrières socioéconomiques (Browen, 2001), le fait de vivre dans des régions éloignées (Browen, 2001), les croyances et pratiques culturelles (Shiao, Andrews et Helmreich, 2005) ainsi que l’alphabétisation (la littératie) médicale (Clerc, Colette et Clamageran, 2009). Dans ce contexte, appartenir à une minorité − qu’elle soit linguistique, ethnique ou religieuse − semble avoir une influence sur la santé mentale, mais aussi sur l’accès aux services spécialisés. Si, pour Bouchard (2009), « le rapport minoritaire-majoritaire semble traduire une inégalité sociale et d’accès aux ressources qui, traversée par les autres déterminants sociaux de la santé (statut socioéconomique, éducation et littératie, immigration) contribue de facto aux disparités de santé », d’autres études montrent qu’une forte identification « in-group » caractérisée par un sentiment de fierté présente une puissante capacité protectrice contre les symptômes dépressifs (Bombay et al., 2010, Picard et Allaire, 2005). Le présent colloque se propose d’offrir un espace de discussion sur la dynamique du rapport minorité / majorité en ce qui a trait à la santé mentale. En effet, si les études montrent que le fait d’appartenir à une minorité peut à la fois être protecteur mais aussi aggravant en ce qui a trait à la santé mentale (Hassan, Rousseau et Moreau, 2013), nous nous devons de mieux comprendre les liens complexes entre appartenance à une minorité et santé mentale afin de mieux adapter nos services de santé et sociaux.
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