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Anne-Isabelle Cuvillier : UQAM - Université du Québec à Montréal
Alors que la situation mondiale face aux changements climatiques et les nombreux avertissements du GIEC combiné au pic pétrolier et la fin de cette ressource « non renouvelable » nous implorent de changer de paradigme, les Québécois sont de plus en plus nombreux à se poser la question suivante : est-ce que s'engager dans l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures est une chose souhaitable ? En particulier, bien ancré au cœur de cette question houleuse, nous trouvons le projet de pétrole de schiste à Anticosti, où le regard extérieur qui est porté sur l'immensité de ce territoire éloigné, peuplé de 200 000 chevreuils, s'attarde rarement à la population qui y habite. Or, nous y gagnerons tous à mieux étendre nos connaissances au-delà du chevreuil, et apprendre à connaître non seulement Anticosti, son écologie, sa nature, son territoire, mais aussi sa culture et cette communauté de Port-Menier, au-delà des clichés qui y sont associés. Qu'en est-il de l'identité écologique et culturelle des gens de l'île ? Une telle identité peut-elle apporter des éléments d'explication à l'ampleur et à la nature de l'engagement social et citoyen qu'on y observe ? Nous porterons un regard sur cette population profondément ancrée dans son territoire et qui se retrouve maintenant confrontée à un dilemme qui divise la communauté: accepter ou non le projet de développement pétrolier au cœur d'Anticosti, leur milieu de vie.
Au fil des dernières décennies, depuis la lancée du Programme international d’éducation relative à l’environnement de l’UNESCO en 1975, ce champ d’action éducative s’est largement déployé sur le plan théorique et pratique, et s’est modulé en fonction de l’évolution des problématiques socioécologiques, de la réflexion sociale sur le rapport à l’environnement et du foisonnement de l’expérience pédagogique. Imprégnée des préoccupations de développement durable, d’écodéveloppement, de justice écologique, de santé environnementale, d’écologie politique ou de démocratie écologique, l’éducation relative à l’environnement s’est inscrite au fil du temps dans la trame de la contemporanéité et a montré l’importance d’une d’écocitoyenneté. Ce colloque vise à mettre en évidence les repères théoriques qui ont été plus récemment développés ou adoptés ou confirmés dans le champ de la recherche en éducation relative à l’environnement, y incluant les dynamiques de formation.
Plus spécifiquement, les participants seront invités à se pencher sur les repères théoriques contemporains susceptibles de mieux appréhender les défis que pose, pour l’action éducative en matière d’environnement, la cohérence entre l’être et l’agir, entre le savoir, le dire et le faire. À cet effet, les liens entre la construction identitaire (dont l’identité écologique) et l’engagement (dont l’engagement écocitoyen) feront l’objet d’une attention particulière. D’autres thématiques seront également abordées, toujours dans la perspective de partager et de valider des repères pour l’action éducative en matière d’environnement dans le contexte actuel : le rapport aux savoirs (dont le savoir scientifique) et au pouvoir, le rapport à la nature et au territoire, les dynamiques citoyennes et l’intelligence collective, les conditions de l’innovation écosociale, la formation des enseignants et autres éducateurs, le rôle des différents acteurs de la société éducative (médias, musées, ONG, etc.).