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Elhadji Mbaye : Université Concordia
Cette présentation vise à revenir dans une approche de sociohistoire du politique sur les changements de paradigme dans l'histoire du sida et comment ils ont et continuent d'influencer nos réflexions et objets de recherche en sciences sociales sur le sida. Le cancer gay, l'affaire des 4h, les premières initiatives politiques contre le sida, la normalisation, la chronicisation et la bio médicalisation sont différentes étapes qui semblent marquer la lutte contre le sida et les recherches produites sur ce sujet. Comment ces changements de paradigme influencent nos recherches sur le sida ? Comment nous les prenons en compte dans nos recherches actuelles sur le sida ?
En se basant sur une analyse des politiques de lutte contre le sida auprès des migrants en France et au Canada, nous reviendrons sur l'évolution de l'action publique de lutte contre le sida auprès des migrants (maladie d'importation, stigmatisation, culturalisme, maladie d'adaptation, humanitaire d'Etat…). Comment les sciences sociales ont contribué et contribuent à cette fabrication (ou non) de ce problème public ? Quelles sont les conditions de production des recherches sur ce sujet ? quelles sont nos évidences et nos impensés ? Cette présentation est basée sur des recherches effectuées sur le sida en France et au Québec et sur une implication dans des organismes de lutte contre le sida et de santé publique dans les deux pays.
Les enjeux et les défis actuels de la recherche sur le sida questionnent de plus en plus les rapports entre savoirs et pouvoirs. Ce colloque vise à donner la parole aux jeunes sur le rôle des sciences sociales face à ces nouveaux enjeux et défis.
Plus de trente ans après la découverte du VIH, les observateurs les plus optimistes parlent aujourd’hui des possibilités d’éradication du virus; à moyen terme, la « fin de l’épidémie » apparaît comme un horizon atteignable. La lutte contre le sida est caractérisée par une situation en apparence paradoxale. Les moyens pour enrayer la diffusion du virus existent : les traitements ont fait leurs preuves pour beaucoup de personnes… mais ils restent pourtant inaccessibles pour la majorité des personnes séropositives au Sud. De plus, à l’heure du « traitement comme prévention », les outils prophylactiques n’ont jamais été aussi diversifiés… mais l’épidémie se poursuit, notamment parmi les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. Ces constats semblent contredire, du moins tempérer, l’optimisme biomédical.
Derrière ces paradoxes, c’est la réalité d’une épidémie complexe qui transparaît. Le VIH continue de mettre en tension l’équation entre savoir(s) et pouvoir(s), rendue célèbre par « ACT UP-New York », qui n’a rien perdu de son actualité.
Enjeu(x) de savoir(s), car la prévention et les soins mettent en jeu des combinaisons de plus en plus complexes, qui individualisent la gestion du risque et de la santé, et qui interrogent la production et le partage des connaissances entre experts et profanes dans la lutte contre le sida. Enjeu(x) de pouvoir(s), face au désengagement financier des États dans l’accès aux traitements ARV en Afrique dans un contexte de crise économique; ou quand la lutte contre l’épidémie bute contre les réticences des gouvernements à s’adresser aux populations marginalisées et discriminées : toxicomanes, trans, gais, migrants.
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