pen icon Colloque
quote

Et si les Inuit vont bien? La recherche-action pour la transformation d'un narratif social

SF

Membre a labase

Sarah Fraser : Université de Montréal

Résumé de la communication

1/3 des enfants Inuit du Québec sont signalés à la protection de la jeunesse. Près de 40% des jeunes présentent des idéations suicidaires et 45% des femmes ont vécu un abus sexuel. Mon âme missionnaire qui a voulu m'amener en Afrique et en Inde m'a entraîné beaucoup plus près: au Nunavik. À travers la recherche-action que nous menons actuellement, ce désir de sauver se transforme tranquillement en désir d'accompagner. Avec chaque séjour dans le nord, je vois un peu plus clair : les Inuit…Ils vont bien. Et non, je ne suis pas naïve. Je n'ai pas oublié ces statistiques. En fait, je fais partie de ces équipes qui les produisent. Si chaque Québécois avait la chance de voir et d'entendre ce que je vois et j'entends, peut-être aurions-nous alors un discours bien différent sur ces peuples soit disant « dépendants » et « alcooliques ». En empruntant des théories systémiques et interactionnistes, je propose d'explorer les narratifs sociaux que nous partageons en tant que citoyens et chercheurs en lien avec le bien-être et le mal-être Inuit. Nous explorerons les doubles contraintes que vivent les Inuit tel qu'observé dans notre recherche-action. Ensuite, nous réfléchirons au rôle de la recherche-action et des chercheurs dans la transformation d'un narratif social sur le bien-être Inuit. Je propose l'utilisation de méthodes qui passent par l'autobiographie et la praxis afin de sortir de l'analyse de « l'autre » et permettre un regard nouveau sur le bien-être au sein de ces communautés.

Résumé du colloque

La prévalence des problèmes de santé mentale est une préoccupation majeure des sociétés contemporaines occidentales. Si les débats font rage pour comprendre les raisons de cette croissance que certains ont même qualifiée d’épidémie, il n’en demeure pas moins que l’accès aux services de santé mentale afin de prendre en charge la souffrance liée à ce trouble n’est pas toujours aisé. Plusieurs facteurs peuvent expliquer les différences d’accès aux services de santé mentale et physique : les barrières socioéconomiques (Browen, 2001), le fait de vivre dans des régions éloignées (Browen, 2001), les croyances et pratiques culturelles (Shiao, Andrews et Helmreich, 2005) ainsi que l’alphabétisation (la littératie) médicale (Clerc, Colette et Clamageran, 2009). Dans ce contexte, appartenir à une minorité − qu’elle soit linguistique, ethnique ou religieuse − semble avoir une influence sur la santé mentale, mais aussi sur l’accès aux services spécialisés. Si, pour Bouchard (2009), « le rapport minoritaire-majoritaire semble traduire une inégalité sociale et d’accès aux ressources qui, traversée par les autres déterminants sociaux de la santé (statut socioéconomique, éducation et littératie, immigration) contribue de facto aux disparités de santé », d’autres études montrent qu’une forte identification « in-group » caractérisée par un sentiment de fierté présente une puissante capacité protectrice contre les symptômes dépressifs (Bombay et al., 2010, Picard et Allaire, 2005). Le présent colloque se propose d’offrir un espace de discussion sur la dynamique du rapport minorité / majorité en ce qui a trait à la santé mentale. En effet, si les études montrent que le fait d’appartenir à une minorité peut à la fois être protecteur mais aussi aggravant en ce qui a trait à la santé mentale (Hassan, Rousseau et Moreau, 2013), nous nous devons de mieux comprendre les liens complexes entre appartenance à une minorité et santé mentale afin de mieux adapter nos services de santé et sociaux.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
manager icon Responsables :
Lilian Negura
section icon Date : 14 mai 2014

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :