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Catherine Foisy : UQAM - Université du Québec à Montréal
Cette communication se base principalement sur les journaux missionnaires publiés au Canada par les Sœurs missionnaires de Notre-Dame d'Afrique (SMNDA), les Franciscaines missionnaires de Marie (FMM), les Sœurs de Notre-Dame-des-Apôtres (SNDA) et les Petites Sœurs de l'Assomption (PSA) depuis 1907. D'une part, elle cherche à qualifier l'évolution du discours sur l'Islam et les populations musulmanes dans les pays du Maghreb et d'Afrique de l'Ouest au cours du XXe siècle. D'autre part, il s'agit de rendre compte de l'évolution des formes d'engagement et de pratiques missionnaires de ces Québécoises à l'endroit des populations musulmanes de ces pays, spécialement auprès des femmes et des enfants. Cette orientation vers les femmes est en syntonie avec une idéologie demeurée prégnante sur le terrain missionnaire depuis la deuxième moitié du XIXe siècle, même en contexte algérien et tunisien (Saaïdia, 2009), selon laquelle le foyer familial représenterait la clé de voûte de l'intégration culturelle des missionnaires. L'étude du vécu et des discours développés par les Québécoises actives au sein d'instituts missionnaires français dans des pays marqués par le colonialisme français (Saaïdia et Zebrini, 2009; Borne et Falaize, 2009; Prudhomme, 2005; Morlat, 2003), puis par leur indépendance politique, devrait rendre possible une lecture inédite des manières de faire de la mission, spécifiquement dans sa dimension d'ouverture à l'altérité religieuse.
Au lendemain de la chute du mur de Berlin en 1989, le vent de changement qui a marqué les rapports internationaux a eu comme effet la démocratisation et la libéralisation des espaces publics en Afrique. Ce contexte nouveau permet ainsi la résurgence de la prise de parole et de la libre expression de la part des médias, des associations, des intellectuels et de la société civile. L’objectif de ce colloque multidisciplinaire est d’évaluer les enjeux, les modalités et les formes d’expression de la prise de parole, mais aussi du militantisme politique ou social en vue de la défense et de la promotion de certaines causes comme les droits humains, la reconstruction identitaire, l’amélioration des conditions de vie des populations ou encore la lutte en faveur de la démocratie, de la liberté et de l’égalité. La littérature historienne, le roman, les arts, les médias et en particulier Internet deviennent donc quelques-uns des lieux privilégiés d’expression de la prise de conscience et de l’engagement qui sous-tendent la prise de parole.
Le témoignage de Françoise Nozati, ancienne coopérante française en République centrafricaine sur son expérience sera également important. Elle se porte en effet totalement en faux par rapport à la stratégie officielle de la coopération française, en prônant une approche idéaliste et humaine susceptible d’appuyer réellement les projets de développement en Afrique.
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