pen icon Colloque
quote

Folie et modernité selon la pensée de M. Foucault et de M. Gauchet : les vestiges d'une histoire de l'exclusion

OL

Membre a labase

Olivier Lecomte : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Cette communication portera sur les interprétations philosophiques de la modernité à partir du traitement de la folie, selon Foucault et Gauchet, principalement au moment de la naissance de la psychiatrie et de l'asile vers le tournant 1800. Le théâtre de la folie a été un laboratoire exemplaire des transformations anthropologiques et politiques qui sont advenues au lendemain de la Révolution française. En ce sens, il est possible de déchiffrer à la lumière des réflexions autour de la folie la signification et la direction globale du processus de la modernité. Il faudra d'abord montrer que non seulement l'interprétation historique de Gauchet nous apparaît comme incompatible avec celle de Foucault, mais qu'elle met de l'avant une conception philosophique de la modernité qui, dans sa logique même, est à l'opposé de ce que proposait Foucault. Les deux auteurs ne s'entendent pas sur la relation entre folie et raison à l'époque moderne. Pour Foucault, la raison cherche à repousser la folie au-dehors afin de se rassurer elle-même, alors que pour Gauchet la folie est introduite à l'intérieure de la raison. Pour reprendre les termes de Hegel, la folie devient « une simple contradiction au sein de la raison ». À partir de cette disjonction fondamentale, il est possible de voir les trajectoires contradictoires de la modernité occidentale, selon les logiques d'exclusion ou d'inclusion.

Résumé du colloque

L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.

Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 14 mai 2014

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :