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Au milieu des années 1990 s'amorçait une transition majeure dans le secteur énergétique au Québec : la création de la Régie de l'énergie. Joignant les rangs des autres autorités gouvernementales semblables ayant opté pour une gouvernance régulée de l'énergie, le Québec a mis en œuvre une série d'instruments qui avait notamment pour objectifs d'insuffler plus de transparence, de neutralité, d'expertise et de participation publique dans ce secteur. Qu'en est-il près de 20 ans plus tard? Comment le cas québécois peut-être comparé à d'autres? Après un bref rappel des principales étapes de la construction de la Régie de l'énergie, d'une courte description de ses principaux instruments et d'un rapide comparaison avec des modèles semblables, la présentation propose une analyse de l'expérience québécoise et rend compte du fonctionnement et des effets de ces instruments. L'étude montre notamment comment s'articulent la robustesse et la plasticité des instruments participatifs de la Régie de l'énergie et comment la transformation de ceux-ci au cours des ans a favorisé une gouvernance régulée de plus en plus confinée et suivi une trajectoire qui leur est propre, fruit tant des effets des instruments que des stratégies des acteurs.
La notion de transition énergétique occupe une place grandissante dans les discours et les politiques publiques. Davantage présente en Europe, où plusieurs collectivités locales et gouvernements s’y sont déjà engagés, son appropriation émerge progressivement au Québec sous l’impulsion de divers acteurs sociaux. En témoignent les débats tenus lors de la Commission sur les enjeux énergétiques.
Cette notion a été présentée comme un vaste projet politique visant à répondre aux grands enjeux écologiques du 21e siècle. Dans ses versions les plus courantes, la transition énergétique a été pensée comme une refonte de notre modèle de développement énergétique, traduite par des stratégies d’abandon des énergies fossiles, de recentrage sur des énergies renouvelables, ainsi que par des projets de reconversion des structures de production, de transport et d’habitation selon des critères d’efficacité énergétique.
La similitude des stratégies privilégiées ici comme ailleurs peut sembler étonnante eu égard à la diversité des contextes et des défis que doivent relever les pays concernés. Au-delà d’un standard global, son inscription dans chaque société ne devrait-elle pas être prise en compte? Pour que des transformations de longue portée puissent advenir, ce projet peut-il tabler sur une pluralité de modèles, ancrés dans les spécificités des modèles énergétiques nationaux, ainsi que dans des projets territorialisés de reconversion? De quelles manières les choix collectifs peuvent-ils être pesés et débattus pour déterminer des stratégies répondant aux défis propres aux régions, en fonction de leurs trajectoires spécifiques? Dans cet esprit, ce projet de transition soulève des questions importantes, qui concernent notamment le rôle de la globalisation en matière d’énergie, le poids des arrangements institutionnels préexistants ainsi que le potentiel d’innovation des sociétés dans la définition des initiatives de transition.
Le colloque vise donc, d’une part, à mieux comprendre ce que recouvrent la notion de transition énergétique et ses diverses interprétations et, d’autre part, à mettre en débat cette hypothèse de la nécessaire contextualisation de la transition énergétique et de la territorialisation des politiques publiques censées la concrétiser.
Des chercheurs québécois et européens, provenant de plusieurs horizons disciplinaires et sociaux, seront invités à discuter autour de trois axes :
1) Que recouvre la notion de transition énergétique dans une perspective théorique et paradigmatique?
2) Quels institutions, instruments et pratiques apparaissent pertinents pour comprendre les paramètres essentiels d’affirmation ou de transformation potentielle du modèle québécois en matière énergétique?
3) Quels sont les rôles joués par les territoires dans la conception des politiques et des projets énergétiques et dans leur mise en œuvre? La transition énergétique peut-elle contribuer à la territorialisation des économies et des politiques économiques?