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Emmanuel Delille : Institut d'histoire de la médecine de Berlin
Henri Ellenberger (1905-1993), mieux connu dans le champ de la santé comme historien de la psychiatrie, est également l'auteur pour l'Encyclopédie Médico-Chirurgicale de la première synthèse de langue française sur les savoirs de l'ethnopsychiatrie (1965). L'originalité de cette source est double, institutionnelle et linguistique : publiée dans un ouvrage français, au sein d'une sociabilité à la fois médicale et savante constituée en dehors de l'université (le groupe de l'Évolution Psychiatrique), elle constitue une archive inédite de l'enseignement universitaire anglophone de psychiatrie sociale à l'Université McGill (Division of Social and Transcultural Psychiatry), où Ellenberger est associé en 1959, avant de devenir professeur à l'Université de Montréal en 1962. À partir de ce corpus publié et de documents d'archives, je proposerai tout d'abord de reconstituer des phénomènes de transferts de savoirs, en les articulant au rôle d'acteur intermédiaire incarné par Henri Ellenberger, étant entendu que les échanges sont à comprendre entre le Canada (Montréal) et la France (Paris), mais aussi entre les cultures médicales de langues anglaise (Université McGill) et française (Université de Montréal). Ensuite, je m'intéresserai à la dynamique dans le temps, des années 1960 aux années 1980, du développement de ces savoirs à l'EMC, en interrogeant leur rapport à l'épidémiologie psychiatrique dans les réseaux universitaires, et à la psychanalyse, dans la sociabilité préalablement définie.
Ce colloque se propose d’interroger l’importance des réseaux dans l’histoire de la santé moderne et contemporaine. Autour des notions de transfert, d’échange, de parcours et d’influence, il entend s’attarder sur les processus de transmission et de déplacements qui ont forgé et transformé les pratiques et les discours relatifs à la santé, afin de mettre en lumière leur nature essentiellement dynamique, collective et réticulaire. Il souhaite en outre valoriser les fonctions méthodologiques et historiographiques de ces notions en questionnant le rôle des échanges transdisciplinaires dans le travail historique propre au domaine de l’histoire de la santé.