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Eric Desjardins : Western University
Cette présentation explore certaines façons dont l'historicité, définie en tant que Dépendance à la Trajectoire (DT), se manifeste dans les processus écologiques, et comment cette DT affecte la restauration des écosystèmes. La présentation est divisée en trois parties. Dans un premier temps, les conditions de réalisation du phénomène de DT sont précisées. Une DT se produit lorsqu'un système admet plus d'un état d'équilibre possible (non-linéarité) et lorsque la probabilité de ces états change en fonction de la trajectoire suivie par le système. Dans un deuxième temps, cette présentation montre deux exemples de DT écologique, soit l'effet de priorité (priority effect) dans le processus de développement des communautés et le changement de régime de perturbations. Finalement, la troisième partie offre une réflexion sur l'importance de la DT pour trois aspects fondamentaux de la restauration écologique, soit la sélection des objectifs de restauration, la reconstitution épistémique du passé (c-à-d., la construction d'une représentation d'un site avant sa dégradation) et la reconstruction matérielle d'un site (c-à-d., la mise en action d'un plan de restauration).Bien que la DT n'empêche pas a priori la restauration vers un état passé, il n'en demeure pas moins qu'un haut degré de DT rend la reconstitution épistémique et la reconstruction matérielle plus difficiles et, dans certains cas, peut justifier l'adoption d'objectifs dynamiques « futuristes » plutôt qu'historiques.
L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.
Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.
Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.