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Idle No More : une contestation de l'assise totalitaire de la démocratie canadienne

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Sebastien Malette : Carleton University

Résumé de la communication

Le dépôt de loi omnibus C-45 a provoqué toute une onde de choc auprès de plusieurs Premières Nations du Canada. Un mouvement de contestation sans précédent initié principalement par de jeunes femmes autochtones invite depuis à la fin d'une certaine « inertie » politique chez les peuples autochtones. Répondant à ce que plusieurs interprètent comme la poursuite d'une politique colonialiste de la part du gouvernement Harper, le mouvement baptisé « Idle no more » organise des actions hautement médiatisées et souvent décentralisées par rapport aux avenues de représentation politique usuelles. Au cœur des revendications de « Idle no more » résonne un cri du cœur à la population canadienne afin que le gouvernement respecte non seulement les traités convenus avec les peuples autochtones, mais que celui-ci agisse en consultant et en accommodant au minimum les peuples autochtones suivant les principes de responsabilité fiduciaire et d'honneur auxquels le gouvernement est enjoint depuis au moins les arrêts Guérin et Haïda Nation. Avec le mouvement « Idle no more » se profilent donc de sérieuses questions au sujet de la légitimité politique du Canada d'agir sans prendre en considérations les intérêts des peuples autochtones. Cette présentation se penchera sur ces questionnements en illustrant les limites du cadre de la démocratie canadienne s'agissant de ces peuples à qui l'on refuse toujours une autonomie politique équivalente à la nôtre.

Résumé du colloque

L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.

Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 14 mai 2014

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