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Imagination et langage chez Paul Ricœur

JB

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Joël Bégin : Université Laval

Résumé de la communication

L'imagination est ordinairement conçue comme la faculté des images, elles-mêmes envisagées comme des copies ou des résidus de perceptions sensorielles. Résolu à traiter d'imagination plutôt que d'images, du processus plutôt que des produits, Paul Ricœur rompt donc avec cette conception : il arrache l'imagination à la représentation pour la rattacher à la signification. Dans cette communication, nous désirons examiner la prétention qu'a Ricœur de formuler un concept d'imagination qui demeure entièrement de l'ordre du langage. Pour ce faire, nous reconstituerons en premier lieu une théorie de l'imagination là où elle apparaît dans son œuvre. Dans cette production du sens, l'imagination est sollicitée à trois niveaux : l'aperception d'une ressemblance qui unit deux termes en apparence fort éloignés (comme dans « le printemps de la vie »), la schématisation de cette ressemblance sous une forme concrète et, enfin, la localisation de ces deux processus dans l'ordre de la fiction. À chaque étape cependant, l'activité de l'imagination semble vouloir déborder de la simple sphère du sens pour se diriger vers le non sémantique. Il nous faudra donc inspecter, en deuxième lieu, les arguments par lesquels Ricœur confine à chaque fois l'imagination au discours. Les limites de l'analyse ricœurienne seront par là portées au jour. Car en effet, est-ce que cette théorie de l'imagination peut être généralisée hors du milieu qui l'a vu naître, c'est-à-dire les arts du langage?

Résumé du colloque

L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.

Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 14 mai 2014

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