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Philippe Tremblay : Université Laval
L'introduction du coenseignement au sein des classes régulières est relativement récente et a été favorisée par le développement de l'inclusion scolaire (Hallahan, Paige, Pullen & Ward, 2013). En effet, nous constatons que, dans un contexte inclusif, le rôle de l'enseignant spécialisé (que l'on nomme orthopédagogue lorsqu'il agit dans le cadre de l'intégration ou de l'inclusion) s'est graduellement élargi, allant vers une collaboration de plus en plus étroite avec l'enseignant ordinaire (Tardif & Levasseur 2010). Cette communication traite des résultats d'une recherche, menée en Communauté française de Belgique, portant sur l'implantation, d'un dispositif scolaire, basé sur un coenseignement à temps plein, et durant toute l'année scolaire, entre un enseignant et un orthopédagogue dans une classe ordinaire intégrant un groupe d'élèves ayant des troubles d'apprentissage. Douze classes inclusives en coenseignement (groupe expérimental) ont été comparées sur différentes dimensions à treize classes d'enseignement spécialisé (groupe contrôle), durant deux ans. Nous examinons, plus précisément ici, les effets du coenseignement au niveau des pratiques de collaboration, d'individualisation et de différenciation pédagogique. Nous nous appuyons sur des données recueillies en classes (entretiens et observations) pour illustrer la manière dont les rôles de chacun se répartissent et mettre en relief les changements induits par un coenseignement en contexte inclusif.
Actuellement, des pratiques d’aide et des dynamiques collaboratives se déploient, à l’école et dans divers établissements, selon les textes officiels en vigueur. Elles mettent en scène plusieurs acteurs de la sphère éducative concernés par le projet de l’élève à besoins particuliers. Une des réponses du système éducatif à de tels enjeux consiste à étoffer les pratiques d’enseignement-apprentissage, à renforcer les pratiques professionnelles et à conjuguer les compétences des professionnels de divers secteurs. Ce colloque met l’accent sur la comparaison des perceptions des acteurs (en particulier ceux de l’enseignement spécialisé). Il aborde les interprétations des notions d’intégration, d’inclusion et d’adaptation. Il cible aussi la manière dont ces acteurs opèrent au sein des systèmes éducatifs français, suisse et canadien pour inclure, intégrer des élèves à besoins particuliers, ou encore adapter les pratiques destinées à ces derniers, dans des services de différents niveaux (préscolaire, primaire, secondaire...). Quatre angles disciplinaires seront privilégiés pour apporter un éclairage pluridisciplinaire à ce colloque : didactique, didactique professionnelle, psychologie et sociologie. Il s’agit : 1) d’interroger ce qui relève de l’inclusion, de l’intégration et de l’adaptation dans le domaine de l’enseignement spécialisé, en prenant appui sur des références historiques et en relevant l’évolution des significations pour ces dénominations; 2) d’identifier, de comprendre et de comparer des mises en œuvre des pratiques collaboratives; 3) d’interroger sur le plan des apprentissages les types de besoins spécifiques des élèves; et 4) de comparer les dispositifs ou d’autres stratégies d’accompagnement des acteurs agissant auprès des élèves à besoins particuliers.