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Instrumentalisation de la prévention et instrumentalisation du savoir : limites des approches en santé publique auprès des utilisateurs de drogues

LM

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Liam Michaud : Université Concordia

Résumé de la communication

Cette présentation expose la scission qui s'opère entre les savoirs des institutions de santé publique et ceux des pratiques de première ligne dans le domaine de la prévention du VIH auprès des utilisateurs de drogues à Montréal. La santé publique au Québec favorise de plus en plus des approches instrumentalistes de la prévention pour les utilisateurs de drogues. Cette instrumentalisation se caractérise par : une propension à investir dans des mesures purement technologiques (p. ex., la distribution de seringues stériles); une croissance des mesures d'évaluation quantitatives; et un abandon des interventions structurelles et sociales. Sur les plans pratique et éthique, les praticiens de première ligne remettent en question la primauté des interventions strictement instrumentalistes. Cette situation constitue un réel point de rupture entre les savoirs de l'État et ceux des praticiens des domaines de la prévention et de la santé des populations vulnérables. Cette dérive instrumentaliste a d'importantes implications : des interprétations limitées des facteurs de risques associés au VIH; une négligence accrue des populations associées à des statistiques banalisées; et une dépendance grandissante des populations vulnérables aux appareils de l'État. Cette présentation propose une réflexion sur les implications de cette dérive et des pistes d'interprétation pour saisir la croissance de la « répression préventive » (Tardif & Parazelli 1998) que représentent de tels changements.

Résumé du colloque

Les enjeux et les défis actuels de la recherche sur le sida questionnent de plus en plus les rapports entre savoirs et pouvoirs. Ce colloque vise à donner la parole aux jeunes sur le rôle des sciences sociales face à ces nouveaux enjeux et défis.

Plus de trente ans après la découverte du VIH, les observateurs les plus optimistes parlent aujourd’hui des possibilités d’éradication du virus; à moyen terme, la « fin de l’épidémie » apparaît comme un horizon atteignable. La lutte contre le sida est caractérisée par une situation en apparence paradoxale. Les moyens pour enrayer la diffusion du virus existent : les traitements ont fait leurs preuves pour beaucoup de personnes… mais ils restent pourtant inaccessibles pour la majorité des personnes séropositives au Sud. De plus, à l’heure du « traitement comme prévention », les outils prophylactiques n’ont jamais été aussi diversifiés… mais l’épidémie se poursuit, notamment parmi les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. Ces constats semblent contredire, du moins tempérer, l’optimisme biomédical.

Derrière ces paradoxes, c’est la réalité d’une épidémie complexe qui transparaît. Le VIH continue de mettre en tension l’équation entre savoir(s) et pouvoir(s), rendue célèbre par « ACT UP-New York », qui n’a rien perdu de son actualité.

Enjeu(x) de savoir(s), car la prévention et les soins mettent en jeu des combinaisons de plus en plus complexes, qui individualisent la gestion du risque et de la santé, et qui interrogent la production et le partage des connaissances entre experts et profanes dans la lutte contre le sida. Enjeu(x) de pouvoir(s), face au désengagement financier des États dans l’accès aux traitements ARV en Afrique dans un contexte de crise économique; ou quand la lutte contre l’épidémie bute contre les réticences des gouvernements à s’adresser aux populations marginalisées et discriminées : toxicomanes, trans, gais, migrants.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 14 mai 2014

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