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« J'aime / J'aime pas » ce terme

Résumé de la communication

Cette étude vise à savoir si les termes sont perçus de façon positive ou négative. Pour cela, nous proposons un jeu nommé LikeIt (www.jeuxdemots.org/likeit.php). Une des utilisations de la polarité des termes est la désambiguïsation lexicale. Par exemple, dans la phrase « ma journée est mauvaise, j'ai eu un redressement », le terme redressement est polysémique et un seul de ses sens (« redressement fiscal ») a une polarité négative. La présence du terme « mauvaise », à polarité négative, permet d'aider à la sélection du sens du terme « redressement ».

Les termes proposés sont pris dans le réseau lexical de jeudemots.org. Pour l'amorçage, deux mots ont été polarisés manuellement : « bon » (positif) et « mauvais » (négatif). Les mots sont ensuite choisis soit parmi les mots déjà polarisés, soit parmi les mots en lien direct avec un mot déjà polarisé. Le joueur peut voter « j'aime », « j'aime pas » ou « neutre ».

Au 30 janvier 2014, 31 415 termes ont été polarisés (346 290 votes). 61,9% des termes recueillent l'unanimité sur une des trois possibilités. Les termes unanimement positifs sont par exemple « agréable », « paix », « ami », « espoir » ; négatifs : « embarrassé », « indigne », « angoisse », « offense ». Mais des termes tels que « envies », « psychanalyser », « scrupule » obtiennent 50% de votes positifs et 50% de négatifs. Enfin, certains polysèmes ont des polarités opposées selon le sens (exemple : vol>déplacement aérien (100% positif) et >voleur (100% négatif)).

Résumé du colloque

Le lexique d’une langue n’est pas vu comme un objet monolithique. Son étude passe par l’identification de caractéristiques particulières non seulement de mots isolés, mais aussi de regroupements de mots qu’on pourrait appeler des ensembles lexicaux. On peut les définir de différentes manières, pas mutuellement exclusives : par thématique (ex. le lexique de l’environnement), par niveau d’apprentissage (ex. « Basic English »), par caractéristiques sémantiques (ex. événements, prédicats, objets, etc.), par contexte d’utilisation (ex. terminologie spécialisée par rapport à langue générale). Selon l’optique retenue, les méthodes d’identification, de caractérisation, d’enseignement et de description ne sont pas les mêmes.

Il devient intéressant de comparer les différentes approches afin de voir dans quelles mesures elles peuvent s’alimenter et s’enrichir mutuellement. Le travail en vase clos des chercheurs s’intéressant à la thématique peut conduire à des recherches en parallèle qui ne sont que trop rarement mises en commun dans un cadre d’échange multidisciplinaire. Une considération moins monolithique du lexique ne pourra que conduire à des descriptions plus flexibles et complémentaires.

Le colloque permettra :

1) de réunir des chercheurs intéressés par cette la thématique du lexique à vocation particulière afin qu’ils puissent échanger sur leur cadre théorique, leur méthode et leur utilisation des divers sous-ensembles lexicaux;

2) d’explorer les bases théoriques de classes de vocabulaire ou de sous-ensemble lexicaux ou terminologiques;

3) de caractériser des ensembles lexicaux; et

4) de réunir des chercheurs provenant de pays différents.

Dans un tel contexte, réunir des chercheurs provenant de la didactique, de la lexicologie, de la lexicographie, de la terminologie, de la linguistique de corpus et de l’informatique, des sciences cognitives, des sciences de l’information et des divers domaines spécialisés contribuera nécessairement à enrichir la réflexion sur le sujet.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 14 mai 2014

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