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Jeunes femmes francophones en situation minoritaire et demande de services de santé mentale : une analyse intersectionnelle

FG

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Florina Gaborean : Ville de Gatineau

Résumé de la communication

Depuis plus d'une décennie, plusieurs études ont mis en relief des disparités significatives de santé entre la minorité francophone et la majorité anglophone au Canada. Ces inégalités concernent autant l'accès aux services de santé que l'incidence des troubles de santé mentale. Ainsi, les jeunes francophones sont plus nombreux à souffrir de dépression mais font un usage limité des services qui leur sont offerts. Les dynamiques identitaires de genre et d'âge influent-elles sur la décision d'aller consulter ? Comment l'imbrication des rapports de pouvoir découlant du rapport majorité-minorité affecte la demande de services de santé mentale?

A partir d'une enquête de terrain réalisée auprès de jeunes femmes francophones en situation minoritaire, cette communication présente les effets croisés des rapports ethniques, d'âge et de genre, au regard de l'accès aux services de santé mentale. En considérant les appartenances multiples en termes d'interactions, l'analyse s'intéresse à la manière dont le triptyque genre/âge /ethnicité influe sur la demande de services de santé mentale, l'attitude envers les troubles dépressifs et l'usage des services professionnels et non professionnels.

Résumé du colloque

La prévalence des problèmes de santé mentale est une préoccupation majeure des sociétés contemporaines occidentales. Si les débats font rage pour comprendre les raisons de cette croissance que certains ont même qualifiée d’épidémie, il n’en demeure pas moins que l’accès aux services de santé mentale afin de prendre en charge la souffrance liée à ce trouble n’est pas toujours aisé. Plusieurs facteurs peuvent expliquer les différences d’accès aux services de santé mentale et physique : les barrières socioéconomiques (Browen, 2001), le fait de vivre dans des régions éloignées (Browen, 2001), les croyances et pratiques culturelles (Shiao, Andrews et Helmreich, 2005) ainsi que l’alphabétisation (la littératie) médicale (Clerc, Colette et Clamageran, 2009). Dans ce contexte, appartenir à une minorité − qu’elle soit linguistique, ethnique ou religieuse − semble avoir une influence sur la santé mentale, mais aussi sur l’accès aux services spécialisés. Si, pour Bouchard (2009), « le rapport minoritaire-majoritaire semble traduire une inégalité sociale et d’accès aux ressources qui, traversée par les autres déterminants sociaux de la santé (statut socioéconomique, éducation et littératie, immigration) contribue de facto aux disparités de santé », d’autres études montrent qu’une forte identification « in-group » caractérisée par un sentiment de fierté présente une puissante capacité protectrice contre les symptômes dépressifs (Bombay et al., 2010, Picard et Allaire, 2005). Le présent colloque se propose d’offrir un espace de discussion sur la dynamique du rapport minorité / majorité en ce qui a trait à la santé mentale. En effet, si les études montrent que le fait d’appartenir à une minorité peut à la fois être protecteur mais aussi aggravant en ce qui a trait à la santé mentale (Hassan, Rousseau et Moreau, 2013), nous nous devons de mieux comprendre les liens complexes entre appartenance à une minorité et santé mentale afin de mieux adapter nos services de santé et sociaux.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
manager icon Responsables :
Lilian Negura
section icon Date : 14 mai 2014

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