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Journalisme à la Françoise

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Daniela Da Silva Prado : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

La fin du XIXe siècle, au Québec, est marquée par l'arrivée de la première femme journaliste rémunérée : Françoise, pseudonyme de Robertine Barry. Sa carrière débute dans le journal La Patrie, de Montréal, où elle collabore de façon hebdomadaire de 1891 à 1899. Dans sa colonne « Chronique du lundi », Françoise aborde tous les sujets, du plus banal et superficiel au plus grave et polémique. Françoise fonde ensuite son propre périodique : Le journal de Françoise, qui paraîtra de 1902 à 1909. En tant que propriétaire, rédactrice et directrice, la journaliste fera preuve, selon Micheline Goulet, « d'audace et d'une modernité absentes des œuvres publiées sous forme de livres par les femmes au Canada français, caractérisées par leur conformité à la doxa ». L'objectif de cette conférence est de montrer la vision particulière de Françoise sur la vie culturelle montréalaise à travers ses écrits journalistiques. L'arrivée de Robertine Barry constitue, per se, un changement significatif dans le panorama culturel de l'époque, puisqu'il s'agit d'une femme occupant un poste important dans un milieu dominé par les hommes. En outre, la façon dont Françoise s'exprime dévoile une femme de caractère, une libre-penseuse capable d'affronter même le clergé montréalais pour défendre ses idées. Françoise a aussi ouvert les pages de son journal pour accueillir plusieurs femmes journalistes, qui se sont penchées sur des récitals, des pièces de théâtre, des concerts, parmi d'autres événements culturels.

Résumé du colloque

La presse est un laboratoire interdisciplinaire particulièrement riche qui invite à regarder au-delà du réservoir d’informations qu’il compose. En ce sens, les travaux autour de l’équipe Penser l’histoire de la vie culturelle (PHVC) proposent de repenser l’usage de la presse et le rôle des médias écrits dans l’élaboration d’une histoire de la vie culturelle.

Prise dans son ensemble, la presse de grande diffusion (journaux, magazines, publications sérielles) raconte et infléchit tout à la fois la nature des changements qui surviennent dans la vie culturelle d’une ville, à une époque donnée. Parallèlement, la ville influence et reflète le nombre et la variété des publications qu’elle héberge. Autrement dit, si la presse exerce une influence déterminante sur la façon dont on conçoit, consomme et pense une ville, celle-ci agit de manière tout aussi marquante sur les publications qui circulent, sur la composition du lectorat ou sur les événements culturels qui nourriront les textes, les images ou la publicité. Si l’on considère que la presse, prise dans son ensemble, constitue, comme la ville, un espace public commun, ne peut-on voir les sections, les rubriques et les chroniques comme des éléments structurants de la vie culturelle urbaine au même titre que les quartiers, les rues et les bâtiments? Qu’est-ce que les intitulés des rubriques, la forme de la publicité, le classement de la matière « culturelle » ainsi que le choix et la présentation des œuvres elles-mêmes nous apprennent sur le mouvement de la vie culturelle?

Les questions qui sont ouvertes par cette homologie presse-ville sont nombreuses, aussi concentrerons-nous nos échanges autour de cinq thèmes : l’esthétique, la publicité, les femmes, l’espace et le temps. Afin de saisir la nature des changements que crée la symbiose presse-ville dans l’espace public, le colloque centrera ses travaux sur la vie culturelle urbaine de l’entre-deux-guerres.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 14 mai 2014

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