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Nathalie Lemieux : UQAM - Université du Québec à Montréal
Afin d'être compétent en littératie, les élèves doivent être en mesure « d'utiliser le langage et les images, de formes riches et variées, pour lire, écrire, écouter, parler, voir, représenter et penser de façon critique » (Ministère de l'Éducation de l'Ontario, 2004, p. 5). C'est ce que plusieurs chercheurs appellent la littératie multimodale (Hobbs & Frost, 2003; Jewitt & Kress 2003; Dagenais, 2012; Lebrun, Lacelle & Boutin, 2012). Cette présentation rendra compte des résultats d'une étude qui s'est intéressée à la littératie multimodale à l'aide d'une approche s'appuyant sur la bande dessinée. L'objectif visé par la recherche était de mesurer l'impact de cette intervention sur la motivation en lecture ainsi que le degré d'acquisition de deux stratégies (l'inférence et le rappel de récit) auprès de 30 garçons de 5e année du primaire éprouvant des difficultés d'apprentissage. La bande dessinée s'avère un matériau des plus riches à utiliser auprès d'élèves éprouvant des difficultés en lecture en raison de son caractère multimodal comprenant les modes sémiotiques suivants : le textuel et le visuel, le gestuel et le sonore (évocation). Nous verrons comment la mobilisation de stratégies de lecture multimodale à partir de la bande dessinée permet d'améliorer la littératie chez les jeunes.
La littératie est la capacité d’une personne à comprendre et à utiliser le langage, les nombres, les images et les TIC pour échanger, interagir avec les autres, saisir son environnement, acquérir de nouvelles connaissances, développer son plein potentiel et être un citoyen à part entière. Dans une perspective inclusive, cette définition intègre aussi la capacité des milieux et des services à favoriser l’accessibilité aux usages sociaux du langage, des chiffres, des images et des TIC dans leurs contextes respectifs afin d’appuyer le développement du plein potentiel de leur population et l’exercice de leur citoyenneté (Ruel et Moreau, 2013). Plus de la moitié de la population québécoise de 16 à 65 ans possède des compétences insuffisantes en littératie pour participer activement au monde actuel (PEICA, 2012; Statistique Canada, 2013). Également, sur un plan scientifique, des études indiquent que des difficultés en lecture dès l’âge de 7 ans sont un indicateur important de décrochage scolaire (Janosz, 2013). Selon McCraken et Murray (2009), entre 20 et 40 % des élèves canadiens n’auraient pas les compétences suffisantes en littératie pour être concurrentiels dans notre monde compétitif. Le récent avis du Conseil supérieur de l’éducation (2013) portant sur la littératie des adultes reconnaît les enjeux liés à leur faible taux. En somme, une mobilisation de tous les acteurs est souhaitée afin d’assurer la mise en place de pratiques éducatives efficientes pour tous les apprenants et d’assurer le développement de milieux inclusifs qui prennent en compte les niveaux de littératie des personnes desservies. Le colloque propose de rassembler équipes et chaires de recherche, groupes d’intérêt, chercheurs et étudiants de cycles supérieurs œuvrant en littératie au Québec afin de faire un état des lieux, tant sur le plan des actions communautaires et scolaires que sur celui des recherches de terrain qui se déroulent dans des contextes variés et portent sur diverses formes de littératie?.
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