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Lilian Negura : Université Laval
Une enquête qualitative a été réalisée à Ottawa auprès d'un échantillon non-probabiliste par choix raisonné. Nous présentons les données obtenues par la méthode du réseau d'associations et des entrevues individuelles semi-dirigées auprès de 12 hommes et femmes, francophones, âgés de 18 à 30 ans, qui ont rapporté avoir souffert de dépression au cours de la dernière année. L'analyse des résultats obtenus a été effectuée selon la méthode d'analyse intégrée de contenu des représentations sociales. Les résultats de cette recherche montrent que les jeunes francophones associent la dépression essentiellement à l'isolement, à la tristesse et au désespoir. En même temps, la dimension sociale joue un rôle important dans leur rapport à la dépression. Les auteurs concluent que l'intériorisation des préjugés et du jugement social façonnent les processus identitaires de ces jeunes, ainsi que leur comportement de consultation des services de santé.
La prévalence des problèmes de santé mentale est une préoccupation majeure des sociétés contemporaines occidentales. Si les débats font rage pour comprendre les raisons de cette croissance que certains ont même qualifiée d’épidémie, il n’en demeure pas moins que l’accès aux services de santé mentale afin de prendre en charge la souffrance liée à ce trouble n’est pas toujours aisé. Plusieurs facteurs peuvent expliquer les différences d’accès aux services de santé mentale et physique : les barrières socioéconomiques (Browen, 2001), le fait de vivre dans des régions éloignées (Browen, 2001), les croyances et pratiques culturelles (Shiao, Andrews et Helmreich, 2005) ainsi que l’alphabétisation (la littératie) médicale (Clerc, Colette et Clamageran, 2009). Dans ce contexte, appartenir à une minorité − qu’elle soit linguistique, ethnique ou religieuse − semble avoir une influence sur la santé mentale, mais aussi sur l’accès aux services spécialisés. Si, pour Bouchard (2009), « le rapport minoritaire-majoritaire semble traduire une inégalité sociale et d’accès aux ressources qui, traversée par les autres déterminants sociaux de la santé (statut socioéconomique, éducation et littératie, immigration) contribue de facto aux disparités de santé », d’autres études montrent qu’une forte identification « in-group » caractérisée par un sentiment de fierté présente une puissante capacité protectrice contre les symptômes dépressifs (Bombay et al., 2010, Picard et Allaire, 2005). Le présent colloque se propose d’offrir un espace de discussion sur la dynamique du rapport minorité / majorité en ce qui a trait à la santé mentale. En effet, si les études montrent que le fait d’appartenir à une minorité peut à la fois être protecteur mais aussi aggravant en ce qui a trait à la santé mentale (Hassan, Rousseau et Moreau, 2013), nous nous devons de mieux comprendre les liens complexes entre appartenance à une minorité et santé mentale afin de mieux adapter nos services de santé et sociaux.
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