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Cheolki Yoon : Université Saint-Paul
Selon Stoiciu (2011), l'immigration constitue une des trois thématiques centrales des études sur l'interculturel. Dans ces études sur « l'interculturel de l'immigration » (p. 47), il s'agit en général du rapport entre la société d'accueil et la population issue d'immigration comme porteurs de cultures différentes. Mais l'immigration désigne la migration internationale vue de la société d'accueil, et elle ne peut pas être expliquée de manière suffisante sans prendre en compte le contexte international. D'abord, les rapports internationaux ont un impact sur les pistes, entre l'origine et la destination, du flux migratoire international. Ensuite, même après que les immigrants soient arrivés sur la terre de la société d'accueil, les rapports internationaux continuent d'influencer leur vie. Cette communication a pour but de répondre à la question suivante : comment les rapports internationaux et interculturels sont-ils articulés autour de la thématique d'immigration ? À travers cette présentation, je soutiens l'idée que sans problématiser les rapports internationaux, l'approche critique aux rapports interculturels serait inévitablement limitée. La communication sera de nature théorique, certes, elle sera soutenue par l'analyse de données présentées par des organismes internationaux, tels que le Département des affaires économiques et sociales de l'ONU et l'Organisation internationale pour les migrations, et nationaux, tels que Statistique Canada et Data and Statistics des États-Unis.
La globalisation encourage des mobilités de toutes sortes : non seulement la migration proprement dite, mais aussi les mobilités étudiantes, professionnelles ainsi que les mobilités virtuelles rendues possibles par les réseaux transnationaux de communication. Ces nouvelles configurations de la mobilité amènent de nouvelles formes d’inclusion et d’exclusion qui nous invitent à repenser l’intervention interculturelle. Traditionnellement, l’intervention interculturelle s’intéresse aux personnes migrantes et à leur insertion dans l’espace local du pays d’accueil. Toutefois, les personnes mobiles vivent de plus en plus dans des espaces où se croisent l’international et le local : elles voyagent, communiquent à distance, montrent une diversification de référents identitaires et mobilisent des sources de soutien transnationales. Ce métissage d’appartenances locales et internationales nous invite à nous interroger davantage sur les liens à construire entre espaces locaux et internationaux d’insertion dans l’intervention. Sur le plan théorique, comment conceptualiser les liens entre les mobilités, l’insertion internationale et locale, et quelles en sont les implications pour l’intervention interculturelle? Quel est l’impact réel de ce croisement pour le vécu quotidien des personnes mobiles? Sur le plan des pratiques, comment se manifeste le croisement local-international dans les interventions visant les personnes mobiles? Quels en sont les défis et les ajustements nécessaires pour la pratique? Faut-il penser autrement l’intervention interculturelle en termes de nouveaux outils ou modèles? Ces questions forment l’architecture de base de notre proposition de colloque. Cette journée s’articulera autour de trois volets : 1) questionnements conceptuels autour des dimensions locales et internationales de l’intervention interculturelle; 2) le croisement international-local dans les expériences de vie de personnes mobiles; et 3) échos du terrain : mobilités et pratiques d’intervention.
Thème du colloque :