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La modération sociale comme dispositif de développement professionnel en évaluation : quelles tensions entre contrôle et accompagnement?

LM

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Lucie Mottier Lopez

Résumé de la communication

La modération sociale implique un travail collaboratif sur des évaluations concrètes faites par des élèves. Elle insiste sur l'idée de « confrontation de jugements humains » (Linn, 1993) dans le but de co-construire des consensus en termes de jugement professionnel sur les travaux à évaluer. Maxwell (2002) définit deux fonctions principales à la modération sociale: (1) pour « rendre compte » (for accountability), c'est-à-dire à des fins de contrôle externe et de validation officielle des résultats de l'évaluation. (2) Pour améliorer les pratiques évaluatives et, dans le prolongement, le système éducatif (for improvement), en soutenant le développement des compétences professionnelles des enseignants à formuler des jugements d'évaluation plus valides.

Notre recherche a étudié des pratiques de modération sociale entre 18 enseignants de l'école primaire genevoise provenant de 6 établissements scolaires différents. Il s'agit d'un volet d'une recherche de plus large envergure qui vise à étudier les pratiques d'évaluation située des enseignants. Ce volet articule une visée de formation et de recherche scientifique sur les dimensions collaboratives et collectives de l'évaluation des apprentissages des élèves. Nous mettrons en évidence la tension entre les enjeux d'accompagnement et de soutien au développement professionnel des enseignants et les contraintes d'une certaine harmonisation des pratiques à des fins de « rendre compte ».

Résumé du colloque

Le formateur d’enseignant, dans sa mission de former à, d’amener l’étudiant en stage à entrer dans la profession avec un certain niveau de maîtrise des compétences, est tantôt guide, tantôt accompagnant, voire parfois aide (Vial, 2013). Le formateur se trouve ainsi habiter différentes postures, recourir à divers gestes professionnels qui a priori peuvent sembler, pour certains d’entres-eux, en tension avec son rôle d’évaluateur.

En effet, l’évaluation – au sens d’évaluation formative, certificative et diagnostique – remplit plusieurs fonctions, notamment celle de contrôle (Paquay, 2002), dont la logique diffère largement de celle de l’accompagnement (Vial, 2013).

Ce symposium aborde le lien formateur-évaluateur et la tension proposée entre accompagnement et contrôle dans le cas spécifique de la formation initiale et continue des enseignants dans les contextes québécois, sénégalais et suisses en suivant trois axes différents.

Le premier aborde l’évaluation de la pratique sous l’angle de la division du travail et des responsabilités entre formateurs de terrain et formateurs universitaires dans des contextes québecois et suisses.

Le deuxième aborde la question sous l’angle du développement de moyens visant à soutenir l’accompagnement ou l’évaluation des pratiques enseignantes.

Le troisième traite des difficultés rencontrées, dans l’exercice de leur fonction, par les formateurs en charge à la fois de l’accompagnement et de l’évaluation des pratiques des étudiants, tant dans des contextes canadiens que suisses.

Les différentes contributions se répondent et approchent dans une démarche dialogique la complexité des questions soulevées. Ces différents regards seront confrontés lors des ateliers-débats destinés à la discussion collective des différentes communications.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
manager icon Responsables :
Méliné Zinguinian
section icon Date : 14 mai 2014

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