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La question de la vérité dans la métaphysique de Platon selon H.-G. Gadamer

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rudolf boutet : Université de Montréal

Résumé de la communication

Si Gadamer n'a jamais cessé de prendre en considération la critique radicale que Heidegger a adressée à la métaphysique occidentale, il a néanmoins toujours désavoué l'absoluité de cette critique, surtout en ce qui concernait Platon. Alors que Heidegger retrouvait dans la « doctrine de la vérité de Platon » le seuil de la pensée métaphysique, conduisant à l'oubli de la question de l'être, Gadamer a presque constamment reconnu en Platon un allié philosophique, autant lorsqu'il était question pour son herméneutique de faire valoir la nature dialogique de la compréhension, que de révéler la portée ontologique du langage. Ce qui ne veut pas dire que Gadamer ait totalement rejeté la critique heideggérienne de la métaphysique platonicienne. Seulement, son interprétation de Platon a sans cesse cherché à faire ressortir ce qui dans le platonisme pouvait résister aux accusations de Heidegger. C'est pourquoi Gadamer a pu montrer, paradoxalement, que la métaphysique de Platon recoupait en partie les « chemins » philosophiques empruntés par Heidegger eu égard à la question de la vérité au sens originaire de l'aletheïa.

Résumé du colloque

L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.

Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 14 mai 2014

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